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vendredi 3 avril 2009

Twilight


J'ai regardé Twilight, le film adulé par les midinettes de moins de 15 ans, et je suis rassurée : je n'ai pas trouvé ça sensationnel. Oui, parce qu'il faut vous dire que sinon, ça aurait été grave, vu mon âge.

En fait, dans le style de la fille qui tombe amoureuse de l'interdit, le scénario ne brille pas par son originalité. Et puis il y a des dialogues qui sonnent faux (même en VO), des phrases un peu mièvres, du romantisme poussiéreux, une religiosité latente, des méchants pas assez méchants, des vampires dotés d'un sens moral mais dépourvus de dents pointues...

Ils ont osé ratiboiser les dents des vampires ! Je suis déçue vraiment, un vampire sans dents pointues, c'est comme un apéro sans macvin, il y a de la dénaturation dans l'air. En plus, le comble : ils sont gentils ! Non, là, il y a quelque chose qui cloche. ça sent le film pour ados boutonneuses qui rêvent de bécoter l'acteur poilu qui sert de carnassier et que la presse people adule comme le dernier messie (alors que franchement, il n'y a pas de quoi fouetter un chat).

Le meilleur film de vampire que j'ai vu, c'est "entretien avec un vampire" avec l'excellent Brad Pitt : le teint blême, l'oeil vide, crevant d'ennui dans son complet parfaitement coupé, guetté par la dépression, abandonné par la morale, avec de temps en temps des sursauts d'adrénaline pour aller vider de leur sang quelques badauds innocents.

Donc je confirme : Twilight est un film mignon, pour adolescentes romantiques avec une vision poético-rébarbative du vampirisme.
C'est un chamallow grillé au feu de bois un soir d'été, ou un roulé au nutella soupoudré de smarties. C'est de la régression de ma part mais ça fait du bien.

A noter quelques brins de musique charmants, notamment la chanson d'Iron and Wine (des potes à Devendra Banhart si je ne m'abuse).

VD.

Prédictions ? Non non et non !


Noooooooooooooooooonnnn ! Enfer et damnation !
J'adore les histoires de prédicateurs, les cassandres, les histoires où un personnage voit tout et ne dit rien ou, s'il ose parler, personne ne le croit et la catastrophe survient.
Du coup, je me suis ruée sur « prédictions » et j'aurais mieux fait de réfléchir avant.

(Prédictions, nouveau film avec Nicolas Cage.)

D'abord Nic' a un souci de justesse le pauvre chéri : les émotions, il arrive pas, il se contente d'écarquiller les yeux, avec sa lèvre inférieure pendante et ses trois cheveux balayés par le vent. La vieillesse ne sied pas à tout le monde décidément. (Mince, ça me fait penser que c'est mon anniversaire le 7. J'ai envie de me consoler avec une montagne de cadeaux somptueux, j'espère que vous y penserez...)

Ensuite, j'ai eu l'impression que le scénario était issu d'un concours lancé dans une classe de primaire d'une école religieuse.

Tout ce qui est bien dans ce film, ce sont les catastrophes : je les ai trouvées assez époustouflantes : il faut dire que j'étais tout devant un écran panoramique avec un fort volume sonore, ce qui ne laisse aucun échappatoire au spectateur.
Le reste, c'est du réchauffé, sans nouveauté, sans imagination. Ce sont des grosses ficelles ridicules, des larmes artificielles, des idées de série B et une nouvelle version de la Bible avec un drapeau américain flottant au vent (véridique! Ils osent encore faire ça dans les films en 2009 !)
Il va RÉELLEMENT falloir que les réalisateurs et scénaristes américains arrêtent cette trame pathétique : ohlala-on-est-menacé-nous-le-peuple-élu-heureusement-dieu-va-nous-sauver.

Mettons donc les points sur les i :

Non, vous n'êtes pas un peuple élu, vous n'êtes pas meilleurs que les autres et vous ne détenez pas la vérité.

Le reste de la population terrestre n'a pas qu'une seule aspiration : celle de devenir américain, loin de là.

Non, aucun héros intergalactique aux pouvoirs extraordinaires ne se cache dans chaque américain..

Non, vous ne sauverez pas le monde. Et non, non, Dieu ne vous parle pas et ne vous a pas choisi, vous et vous seul, pour guider les Hommes.

Enfin : Non, Dieu ne vous sauvera pas (et surtout pas pour l'unique raison que vous êtes américains).


Prédictions, c'est toutes ces phrases avec « oui » au lieu de « non ».
Et c'est d'autant plus stupide que l'avant-dernière scène apocalyptique du film était pas mal du tout et aurait dû être la dernière.
Pffffff c'est nul, jenaitropmarre.

Quand on fait un film noir, on s'y tient jusqu'au bout, c'est de la lâcheté d'insérer une scène finale mièvre dans le but de contrebalancer la dureté d'un propos.

VD, fâchée dans son fauteuil (les bras croisés et le regard noir).

lundi 2 mars 2009

Des cauchemars, du bon Clint et de la comédie pleine d'entrain

J'ai rêvé la nuit avant-dernière que je ne savais plus écrire mon nom. Je me tenais devant un tableau blanc avec un feutre à la main et tout le monde attendait, des élèves, des jeunes gens assis silencieusement sur des bancs en bois. C'était une interrogation et je restais, abrutie, l'esprit totalement vide, les yeux exhorbités, à contempler le tableau. Je crois que la prof m'a engueulée, mais je ne me souviens plus bien. J'ai passé le reste de mon temps à courir à toutes jambes. Dans mes rêves, je cours toujours très vite sans m'essouffler.

Bref, ça sent le pourri. Du coup, j'ai rien fait hier. La symbolique, moi, ça m'épuise.



Et puis dimanche dernier, je suis allée voir Gran Torino, du grand Clint. Au début, je croyais que c'était une tragédie, puis les mimiques du vieux m'ont bien fait rigoler jusqu'au moment où le vieux est devenu moins drôle et où j'ai eu envie de pleurer. C'est pas que je deviens instable, vu que les autres spectateurs étaient dans le même état que moi, c'est juste que Clint vieillit bien, comme dit le Canard.

J'ai vu un autre film aussi, qui mérite une note dans ce blog : "Miss Pettigrew". C'est une bouteille remplie à moitié d'oxygène et à moitié de gaz hilarant qu'on vous colle sous le nez avec en fond sonore du vieux jazz à la coton club qui vous donne envie de vous lever pour aller danser. En plus, il y a DEUX histoires d'amour en même temps ! wha !(ce qui est forcément génial), et un rythme effréné et joyeux totalement communicatif.

Etrangement, on était très peu dans la salle, et en majorité des filles, tout ça parce qu'il y a des gens qui s'aiment. Les garçons se croient toujours obligés de trouver les histoires d'amour gnangnan pour affirmer leur côté moi-je-suis-un-homme-imperméable-aux-sentiments-parceque-je-suis-trop-fort alors que hein, soyons honnêtes, ça fait du bien, ça fait du bien à tout le monde.

VD (vite-dit)

vendredi 14 novembre 2008

Quantum of Solace



D'abord, il y a le titre : “Quantum of solace” : on dirait une marque de bière, ça a dû en dérouter plus d'un. J'aime bien, moi, les titres pseudo-philosophiques des James Bond (bon là, il n'est pas vraiment de philosophie mais expliquer ce titre reviendrait à me plonger dans des détails révélateurs de l'intrigue et comme j'essaie de déroger à ma réputation selon laquelle je raconte toujours la fin des films à ceux qui ne les ont pas vus, je vais me taire. Et cet effort me coûte, chers lecteurs, j'espère bien que vous prenez en compte tous les sacrifices démesurés que je fais ici).
Bon.
James Bond est une grosse brute mysogyne déguisé en gentleman. Non. James Bond était une grosse brute mysogyne déguisée en gentleman, tueur expérimenté usant et abusant de gadgets improbables, de clins d'oeil ravageurs soupoudrés d'un brin d'humour britannique.
Depuis Casino Royale, il est devenu blond, sombre, légèrement romantique ou tout simplement humain, j'hésite encore. Alors évidemment, ça ne plaît pas aux fans de la première heure : “nanard compensé par des scènes d'action abrutissantes” s'est exclamée une internaute sur allociné. Plus vrai et plus mesuré le commentaire d'un autre : “un james bond qui n'en est pas un”.

J'avoue que j'avais eu du mal, dès Casino Royale, avec Daniel Craig, ce petit homme trappu avec ses quelques brins de paillasse sur le crâne et ses petits yeux transparents plissés, presque recouverts de peau.
Et puis mince! il a un charisme hors du commun, accentué par sa face toute tordue. Il a une gueule de boxeur, on dirait qu'il a gardé la trace de tous les coups qu'il a reçu dans la figure. Et ça, ça fait bizarre : James Bond, si par malheur, il se prend une claque, ça ne le décoiffe même pas. Je me rappelle de Pierce Borsman qui avait resserré sa cravate d'un air contrarié après une explosion détruisant la moitié de la ville et à laquelle il avait réchappé par miracle, bien sûr.

Le nouveau Bond, il s'en prend plein la gueule, il court, il saute dans des précipices, il joue au hussard sur le toit, à quasimodo, il se tient en équilibre le vide sous lui et un tueur en face de lui, passe à travers des vitres et il est comme une danseuse, sans tutu et avec une gueule cassée : il y a une scène au tout début (merde je commence déjà à raconter le film, je devrais pas mais je ne peux pas m'en empêcher, tant pis, désolée, passez votre chemin si ça vous embête, je fais ce que je veux), où il court après un traître. Et il tombe, lourdement, il se relève et se remet à courir, la caméra bouge, bouge tellement que ça fait mal aux yeux, on ne sait plus où on se trouve, on est avec lui, ou on est james bond, et ça fait mal partout. Il se retrouve dans un vieux batiment en rénovation, et tente toujours de rattrapper le type, se prend les pieds dans une corde reliée à une poulie et le ballet commence.

James Bond, danseuse étoile en costume et noeud pap', avec son air buté et sa gueule déglinguée, ça, faut le voir pour le croire.

Il y a aussi une grande innovation depuis Casino Royale : la femme n'est (presque) plus une potiche-femme-facile qui sert des cafés et passe dans la chambre à coucher à la moindre petite moue de James. Ou presque, mais c'est déjà ça.

Voilà. Et puis James aimait Vesper, et moi, j'adore les histoires d'amour. Rien que pour ça, je mettrais 10 / 10.

Votre charmante amie.

Post Scriptum : l'air buté, c'est celui sur l'affiche du film.

samedi 20 septembre 2008

Be Happy


Be Happy, c'est le film de Mike Leigh qui est censé rendre heureux le spectateur. Dans une interview, il disait justement au journaliste que son film respirait la joie de vivre. Franchement, l'objectif est loupé.
C'est l'histoire d'une trentenaire, institutrice de son état, qui se force à montrer à tout le monde qu'elle est super heureuse, en en faisant des tonnes et en incitant les autres à l'être.
Les problèmes foisonnent:

1/ Elle fait semblant d'être heureuse. Le réalisateur disait dans l'interview précédemment évoquée que non, elle est réellement heureuse, ce qui me fait conclure que Sally Hawkins joue mal et cette constatation me navre car je l'avais vu dans une adaptation de "Persuasion" pour la BBC et elle était impeccable : un jeu sobre, tout en finesse. Là, on dirait une histérique niaise à l'immaturité frôlant dangereusement l'idiotie. C'est quelque peu agaçant.

2/ Les gens autour d'elle sont malheureux ou simplement, ni heureux ni malheureux. Certains ne se posent même pas la question, comme sa coloc. Et puis ils ne demandent à personne de les aider et tout d'un coup il y a cette fille montée sur ressorts qui arrive, qui les secoue, qui leur fait comprendre qu'ils sont dans un trou sans fond de désespoir et qu'il faut absolument qu'ils remontent la pente pour accéder au bonheur.
D'une part, de quoi se mêle-t-elle la drôlesse, et d'autre part, c'est un peu cruel d'aller remuer le couteau dans la plaie.
J'aurais beaucoup plus aimé un scénario avec quelqu'un qui arrangerait en douce les choses pour rendre les gens plus heureux.

3/ Mon Dieu que de clichés ! Pff, ce serait trop long de tous les énoncer, mais voici quelques échantillons :
- le gamin violent à l'école qui crache le morceau en deux secondes devant l'assistant social : une histoire de reproduction de shéma de violence familale.
- le moniteur de l'auto-école raciste, xénophobe, mysogine, qui carbure à la haine est un des personnages les plus caricaturaux de l'histoire du cinéma. C'était peut-être pour faire rire mais moi je le trouvais super malsain.
- le copain de l'héroïne : elle le rencontre une fois, va boire un verre avec lui et hop empacté c'est pesé, c'est l'homme de sa vie.
... eccetera

LE personnage qui sauve le film et que j'ai envie de serrer dans mes bras tellement elle est formidable : la prof de flamenco qui passe son temps à rouler des yeux féroces en hurlant dans un anglais approximatif avec un accent à couper au couteau.
Elle, elle est géniale.

Bon voilà, en gros c'est dommage quand on a un titre comme "Be happy" et qu'on ressort avec l'impression d'avoir vu un film sur la solitude, sur la quête de bonheur souvent infructueuse, sur l'absence de communication dans la société.


VD, toujours présente.

dimanche 15 juin 2008

Phénomènes


Phénomènes, c'était hier soir, après la descente de la rue à trois voies avec une crampe dans l'orteil droit qui a failli m'envoyer dans le décors.
Alors, en effet, je suis forcée de reconnaître que c'est un film très inégal : il y a beaucoup de passages qui sonnent faux, comme la première scène dans laquelle une fille assise dans un parc lit un bouquin et demande à sa voisine à quelle page elle en est, pour qu'en suite on comprenne que, attaquée par les toxines végétales, elle déraille en redemandant 3 fois la même chose.

Ce sont des dialogues sans intérêt, voire stupides (comme la blague des ouvriers) qui arrivent comme un cheveu sur la soupe, et qui donnent une impression de regarder un téléfilm sur la 3 le vendredi soir. C'est fort dommage. En fait Shy, probablement enthousiasmé par son idée principale, a baclé les dialogues, le montage, la musique et le casting, ce qui fait beaucoup pour un seul film.

Les acteurs frôlent ou le ridicule ou l'amateurisme : je suis persuadée que je joue mieux que la femme du héros qui a passé une heure et demie à écarquiller deux grand yeux bleus en faisant une moue de petite fille contrariée.
Quant au type, Mark Wahlberg, il était dénué d'intérêt : aucune émotion de passait : ni la peur, ni la surprise, le désarroi, l'angoisse, la peine. Rien. Et puis à un moment, au début, il se met à chouiner, on ne sait pas pourquoi vu que les "attaques" viennent juste de commencer et qu'on ignore l'ampleur du phénomène. Ri-di-cu-le.
C'est là que le trouve le montage mauvais : on passe parfois d'une scène à une autre brutalement, alors que dans ce type de film, il faut de longues scènes et une transition subtile entre elles.
Il faut aussi une musique lanscinante, un truc un peu désagréable, aigûe, une musique à la Shinning.

Une scène rattrape pas mal de choses cependant: celle avec la vieille folle. J'ai rarement eu autant peur au cinéma. Et là pour le coup, la musique accompagnait parfaitement la terreur que suscitait cette vieille ermite lunatique et parano.
Je crois qu'à ce moment, j'ai dû serrer tellement fort le bras de mon adorable voisin que sa circulation sanguine a été momentanément coupée. Et puis le coup de la poupée de porcelaine mitée bien couchée dans un lit comme un petit enfant, c'est du gros classique, mais ça marche à tous les coups.

Le problème c'est que la scène suivante était le summum de la mièvrerie pseudo-émotionnelle : et qu'on va tous mourir (chouinements et reniflements intempestifs) et qu'on s'aime pourtant (même si machin a mangé du tiramisu), et qu'on est malheureux (re-chouinements). Là encore, ça arrive comme un cheveu sur la soupe. Le truc débile c'est qu'ensuite, ils vont à la rencontre du danger avec une gamine qui n'est pas la leur et qu'ils se trimbalent depuis le début. Généralement, quand tu décides que t'as plus rien à perdre, t'évites de sacrifier les gamins avec toi (a fortiori si c'est pas les tiens). Je te tutoie, cher lecteur, tu permets? Entre gens de bonne composition...

Bref, film très inégal, très décevant : de géniales idées (l'allée des pendus, la tondeuse, la vieille folle, le retour du phénomène à Paris), et des moments de grande solitude avec de mauvais acteurs, des dialogues et un montage dignes de "louis la broquante", une musique peu en phase avec l'idée angoissante selon laquelle la nature nous lancerait un avertissement sordide et meurtrier pour nous inciter fortement à la respecter davantage.

D'ailleurs, à ce propos, les critiques sur allociné qui crient au scandale soit disant parce qu'il n'y a pas d'explication aux "phénomènes" ont un grain de semoule à la place du cerveau. Ou alors ils sont partis avant la fin.

En tout cas c'est dommage : trop de précipitation, travail baclé.
Allez, je donne une note, comme au collège (et comme sur allociné) : la moyenne. 2 étoiles sur 4. Pour Betty Buckley essentiellement. Sacrée bonne femme.
"Je vous entends murmurer. Vous voulez me volez? Vous voulez m'assassiner dans mon sommeil?" -> voix stridente et rocailleuse

Votre dévouée, qui se rend compte que c'est difficile d'imiter une voix par écrit.

jeudi 12 juin 2008

Shy'

Je viens de lire quelques unes des nombreuses critiques désastreuses sur "Phénomènes" de Night Shyamalan. Tous les propos tournent autour du fait qu'il n'y a pas de résolution de l'énigme, semble-t-il.

Cela ne va pas m'empêcher d'aller le voir, d'abord parce qu'un film ou un livre, n'a pas besoin d'une résolution nette et précise de l'intrigue, parfois ça vaut même mieux qu'il n'y en ait pas du tout.
Dans l'excellent "La guerre des mondes" de Spielberg, il faut arrêter le film au moment où l'armée détruit l'alien, après, ça part dans un délire : l'Amérique est trop forte, c'est la meilleure, elle est l'axe du Bien, les jeunes qui partent à la guerre contre les méchants sont des héros et reviennent en vie sans une égratinure. Du gros n'importe quoi et une propagande qui est une insulte à l'intelligence du téléspectateur.

J'aime bien les fins qui suggèrent, qui laissent planer un doute, qui ne montrent pas tout, qui laissent imaginer tout y compris le pire comme dans le très bon film d'horreur "L'armée des morts".

On peut baser un film uniquement sur l'angoisse, sur l'attente, sur de la tension, avec des longs plans et une musique lancinante, ou dans un livre avec de longues descriptions.

Shyalaman est un type spécial, j'ai l'impression qu'il ne suscite que l'adhésion complète ou la désapprobation tout aussi totale. On aime ou on déteste. J'en ai déjà parlé il y a pas longtemps, mais je me répète (je fais ce que je veux d'abord), c'est quelqu'un qui part du postulat que les apparences sont trompeuses, ou du moins que si elles reflettent la vérité, ce n'est pas toute la vérité. A partir de là, il ne va pas balancer directement ce qui peut être caché, il va le suggérer.

Non mais.

Votre dévouée, qui va peut-être changer d'avis dimanche.

lundi 26 mai 2008

Indiana Jones


Contrairement à ce que pense la majorité des critiqueurs d'allociné, qui de toute façon n'ont pas un brin de jugeotte, le nouvel Indiana Jones n'est pas une nullité sans fond. C'est un bon film d'aventures qui souffre simplement de la prise d'une substance hallucinogène par son scénariste.

En effet, laissez-moi vous raconter cette histoire avec moults détails.

D'abord, comme Indiana est vieux et cagneux, il se découvre un fils en la personne d'une petite frappe ridicule mais attachante (Shia), ce qui permettra à Harrison de prendre enfin sa retraite. Il y a la sublissime Cate Blanchett, russe et dotée d'un magnifique casque brin luisant à la Mireille Mathieu en plus court, qui fait semblant d'être voyante mais qui ne voit jamais rien, et qui cherche des noises à Indiana, parce que dans l'histoire c'est la méchante. D'ailleurs elle plisse ses yeux bleus sans aucun mobile, comme seuls le font les vrais méchants.

Bref, après être sorti indemne d'une explosion nucléaire en s'étant habilement caché dans un réfrigérateur, Indiana part pour le Pérou avec un crâne en plastique qui scintille pour aller retrouver son ancien pote qui est devenu fou, et aussi accessoirement son ex-copine qui est la mère du fils qu'il vient de se découvrir. Dallaaaaaaaas ton univers impitoyable...
Alors, ensuite, il va raccrocher le crâne en plastique sur un squelette en plastique qui est en fait un extraterrestre qui le remercie gentillement pour ensuite tenter de l'assassiner lâchement grâce à des pouvoirs paranormaux qui sentent bon le film de science-fiction des années 70.

C'est drôle. Sauf quand l'extraterrestre met le feu aux yeux de Cate.

C'est un film d'aventures très sympa jusqu'à ce qu'un scénario de série B se glisse dans le film avec la subtilité d'un Raffarin s'exprimant à la tribune.

Ceci dit, ma voisine a commenté tout le film à son mec (qui n'en pouvait visiblement plus) avec une voix suraigue, en criant des : "oh mon dieu! c'est donc ça une explosion nucléaire!" , "attention indiana, derrière toi!", "oh non c'est triste", "ça fait peur". Entre deux gloussements. C'était une expérience hors du commun, un peu comme voir un film à côté de Paris Hilton, mais en brune.
J'ai plusieurs fois soufflé fortement en la regardant fixement, mais elle me voyait pas, elle ne percevait même pas ma présence, elle ne s'est pas demandée si elle gênait quelqu'un, elle semblait vivre chaque instant pleinement sans penser à autre chose, sans réfléchir.
Je me suis dit tout d'un coup, au passage où Indiana et toute la clique sortent indemnes et à peine humides d'une chute vertigineuse genre celle du Niagara, que non, il n'y a pas que les imbéciles qui sont heureux, simplement ça aide.


Votre dévouée, qui a toutefois passé un agréable moment.

dimanche 18 mai 2008

Night Shyamalan

J'aime bien les films de M. Night Shyamalan. J'adore, j'admire Sixième sens, j'aime beaucoup Le Village, un peu moins Incassable, beaucoup La jeune fille de l'eau, je n'ai pas vu Signes et j'attends Phénomènes.
Je comprends qu'on ne puisse pas adhérer à son univers, qui est spécial, et qui colle au mien : cette idée qu'il pourrait y avoir des choses inexplicables et qu'il va falloir en prendre son parti. Et cette idée qu'il y a les apparences et qu'il pourrait y avoir autre chose derrière.
Certains le prennent au pied de la lettre et voient en lui un "mystico-religioso-moralisant", dixit un critiqueur d'allociné.


Hihi. Non, je ne crois pas que Night (on va l'appeler comme ça, c'est plus court à écrire quoique là j'ai écrit une longue phrase au lieu de mettre son nom en entier ce qui m'aurait coûté moins d'énergie) soit une "mystico-religioso-moralisante" personne. C'est quelqu'un qui imagine plein de choses à partir de l'idée qu'il pourrait exister des choses, des évènements, des gens même, qu'on ne voit pas, qu'on ne perçoit pas, qu'il y a autre chose que notre monde tel qu'on le sent.

Exemple:
Il est 22h, je suis devant mon ordinateur, j'écoute le requiem de Mozart, mon oeil droit me gène car j'ai une cloque dessus qui va nécessiter une intervention chez l'ophtalmo dès demain.
Jusque là tout le monde est d'accord.

Si je pense à la façon de Night : il est 22h, je suis devant mon ordinateur, j'écoute le requiem de Mozart, je ne me rends pas compte que le son augmente dans les instants dramatiques, ni de la chaire de poule sur mes bras, car mon oeil droit me gène. Quelqu'un appuie sur mon oeil droit, quelqu'un souffle sur mes bras, quelqu'un augmente le son de la musique. Mes mains s'immobilisent au dessus de mon clavier et les touches se pressent toutes seules. Un message s'affiche à l'écran, forcément quelque chose de troublant, qui me rappelera un souvenir ou qui m'avertira d'un évènement... ect

Night, c'est la construction à partir de rien d'un échafaudage périlleux de suppositions mystérieuses à tendance paranormale. Et ça, moi j'aime bien, ça stimule mon imagination.

Evidemment, c'est souvent étrange, il y a des gens qui viennent d'ailleurs, des monstres pas effrayants mais menaçants (malheureusement très mal dessinés dans les films de Night), des personnages perdus, fichus, remis sur le droit chemin par un coup du destin ou par de mystérieux héros. Il y a parfois des prédicateurs. J'adore les personnages des prédicateurs, je trouve ça fascinant. C'est développer l'idée d'un déterminisme ou même d'un fatalisme bien plus terrifiant que tous les monstres qui squattent les contes.

Ah oui, les films de Night sont racontés comme des contes, ils pourraient tous commencer par "il était une fois".
Ils tiennent aussi beaucoup aux acteurs, notamment Bryce Dallas Howard, fille de, mais qui a largement gagné ses galons d'excellente actrice. Le physique aide certes, mais il n'y a pas que ça, oh que non!

Votre dévouée, qui va aller reposer son oeil droit.

lundi 5 mai 2008

Iron Man

Déjà, quand j'écris que je regarde des dessins animés, je reçois des commentaires anonymes de gens qui voudraient essuyer leurs pieds sur mon charmant minois, mais alors là je pense que je vais recevoir une enveloppe piégée à l'anthrax !

J'ai dû aller voir Iron Man (avec un énorme rosier dans les bras), le film pour les garçonnets de moins de 12 ans qui entrent au ciné avec un Iron Man en plastique made in china de la taille de mon poing.
Bon, donc, contrairement à ce que peuvent laisser entendre les critiques des spectateurs d'allociné, oui, le film est bien refletté par la bande annonce.

C'est l'histoire d'un type plein aux as qui est le boss d'une grande entreprise d'armement, et qui est soit bête comme ses pieds, soit d'une cadeur, d'une naïveté qui ne peut exister que chez un enfant de 4 ans qui aurait vécu dans un chalet dans les Vosges sans jamais allumer une télé, un ordinateur, sans jamais s'informer sur le fonctionnement du monde et de la société, sans cotoyer un seul être humain si ce n'est la bonne marraine sa fée qui est incapable de dire quoi que ce soit de vrai sur la dure réalité du monde.
< reprend sa respiration >

Bref, le bonhomme (petit, laid, bête et médiocre, mais qui semble pourtant avoir une vie intime trépidante avec des femmes qui sont toutes des mannequins norvégiens avec des dents blanches et une cervelle de moineau) découvre que Ô Mon Dieu ses armes que la bonne armée américaine utilise pour se défendre et uniquement pour se défendre en cas d'attaques sournoises de ces lâches talibans massacreurs de femmes et d'enfants sont également utilisées par les "méchants".
Je précise que dans le film, les ennemis des américains sont explicitement traités de "méchants".

Bon alors Candyman est fait prisonnier au cours d'une lâche embuscade par les méchants assoiffés de sang, et est sommé de fabriquer une arme de destruction massive en moins de 48h au fonds d'une grotte avec la boîte à outils de Ken et avec pour seul compagnon un brave autochtone.
Le dit brave homme se sacrifiera bien sûr pour l'américain, parce que le message du film est quand même : nous les américains, on est l'axe du Bien donc tout le reste du monde doit nous appuyer et faire en sorte qu'on triomphe de l'axe du Mal.

Mais ce n'est pas tout ! Oh que non ! Candyman fabrique l'armure indestructible qui lui permet de s'évader et décide de l'utiliser pour tuer les "méchants". Mais il y a aussi un méchant dans le camp des américains, qui vend des armes aux Talibans qui veulent expressement dominer le Moooonde. S'ajoute donc au message initial : si parfois ça merde, c'est parce qu'un méchant s'est glissé dans l'état major.

Voilà. Je tiens à souligner le rôle de la femme dans le film qui est : douce, blonde, belle, très très très dévouée à l'homme fort, transie d'amour, transie de peur, et qui court avec des hauts talons et une jupe si serrée qu'il faudrait la découper aux ciseaux pour l'enlever.
Bien sur, la femme parle peu (elle est occupée à obéïr docilement), mais quand elle parle, elle dit : oui, non, bien sûr. Voire "oh oui", parfois.

Je me suis demandée si c'était du second degré mais en fait non.

Celle qui n'est pas dévouée.


Post Scriptum : à la fin, le Bien triomphe.

mardi 25 mars 2008

There Will Be Blood ?



SPOILERS (comme d'habitude)

Dans une salle spécialement dédiée aux claustrophobes, passait ce week-end "there will be blood", film aux milles louanges dans lequel joue l'admirable DD-Lewis.
Drôle de film. Enfin non, pas drôle du tout: très glauque, très noir, trop sombre pour moi et la guimauve qui me sert de coeur.
Le personnage principal est un misanthrope mauvais, haineux, simplement animé par une ambition démesurée. Certains me rétorqueront qu'il aime son "fils". Et c'est là que le bât blesse : il ne l'aime pas, il n'aime personne. S'il le fait revenir après l'avoir abandonné c'est pour que son attitude méprisable ne nuise pas à ses affaires.
Son côté "je hais le monde et je profite d'autrui" pourrait avoir un certain panache, mais là c'est gratuit. Et si ça ne l'est pas, on ne sait pas pourquoi il est devenu ainsi.

Non, celui que je trouve assez grandiose, c'est le prêtre.
Il y a en effet des scènes extraordinaires, qui coupent le souffle, dans lesquelles se trouve d'ailleurs souvent Paul Dano. Ce type jouait déjà dans le très plaisant "Little Miss Sunshine" un ado pseudo-rebel à mèche et là, il tient le rôle d'un jeune prêtre fanatique complètement barge. Faut voir comment il chasse le démon logé dans l'arthrite des doigts d'une vieille dame! J'étais ébahie devant sa prestation, il jette le démon hors du corps de la femme, hors de l'église, il le menace, il hurle, rouge, suant. Et DD Lewis se marre intérieurement.













Il y a une autre scène géniale : celle où le fils de DD-Lewis est victime d'un accident, sur un fond de musique palpitante : des sons bizarres, des claquements sourds comme des morceaux de metal qui s'entrechoquent imitant les battements d'un coeur qui s'affole.
La musique est formidable dans ce film, il convient de le souligner, elle est aussi importante que la lumière et les décors. Elle contribue à produire une ambiance désagréable de solitude, de saleté, de poussière avec en filigrane ce mépris de l'autre qui suinte de DD Lewis, de tous les pores de sa peau.

Et malgré tout, j'ai été déçue : ça manque de nuances, c'est trop entièrement noir, trop de personnages sont entièrement mauvais, il n'y a aucun élément positif (j'aurais voulu qu'il aime son fils par exemple, simplement ça). De plus, c'est très très long : à partir de la moitié, on décroche un peu. Enfin, le meurtre de la fin était inutile, à part pour justifier le titre.

Votre dévouée, guimauve de son état.

vendredi 29 février 2008

De l'art de la formule

Histoire de prendre une pose exagéremment longue dans mes révisions (je me dis qu'en ne dormant pas la nuit, j'arriverai peut-être à finir à temps...), j'ai lu quelques critiques ciné, dontcelles du film "coupable" sorti avant-hier.

La formule choc: "On reste abasourdi devant autant de pose et aussi peu de substance" par l'Humanité.

Parler peu mais parler bien.
Il faut avouer que la bande-annonce est effrayante d'ennui, ça transpire la lassitude, le glauque, le sombre, la dépression et le suicide. Oui, tout ça d'un coup.

Amira Casar en blonde péroxydée avec ses sourcils épaix et noirs, vêtue d'une robe jaune qui lui donne un teinte post-gastro, des regards de chiens battus, des mines livides, une lumière froid, blanche, sans vie. Et puis un prétexte en guise de sénario : qui a tué machin? mais en fait tout le monde s'en fiche: dans la BA, ils passent leur temps à murmurer des plaintes en fronçant les sourcils d'un air malheureux.
ça va remonter le moral des ménages!

Remarquez, il existe les deux extrêmes en France: ceux qui ne vont voir qu'Astérix / Taxi et autres "comédies" lourdes mais probablement divertissantes (jamais vu taxi mais les Astérix, outre celui avec Djamel qui était excellent, sont d'une niaiserie insultant mon susceptible neurone), et puis il y a ceux qui vont voir des films expérimentaux en allemand non sous-titré, le ventre vide, un soir d'hiver, quand il fait nuit à 17h, seuls dans la salle froide d'un cinéma indépendant, avec pour seule compagnie le souvenir d'avoir un jour possédé une écharpe en cachemire qui en plus de tenir chaud, était douce, mais qui a malencontreusement péri dans l'incendie de leur appartement, le mois dernier. Du coup, maintenant, ils sont logés chez leurs parents à Coui en région parisienne, dans un pavillon neuf abritant un berger allemand qui hurle à la mort le jour et la nuit, provoquant les plaintes des voisins en justice. Pour oublier que le chien, dans la famille depuis 10 ans et devenu fou par la suite, va se faire piquer sur décision judiciaire, ils vont au cinéma qui projette justement ce soir là "Aguirre ou la colère de Dieu" en VO non sous-titré.

Et il y a les gens, comme moi, qui aiment les comédies (genre Astérix avec Djamel), les thrillers, les histoires romantiques, les histoires de société, les grandes productions made in USA pas trop bêtes (Minority Report), les films indépendants, les documentaires, qui apprécient de regarder des films en VO (j'étais allée voir un superbe film hidou en VO heureusement sous-titré: "Lagaaan"), et qui pourtant refusent de payer 5 euros pour aller se faire chier au nom d'un pseudo intellectualisme.

Tout ça pour dire que je comprends les critiques sévères.
D'ailleurs: "Comment pourrions-nous nous intéresser à des personnages qui ne sont que de pures abstractions pseudo-poétiques, assez irritantes, perdues dans des décors totalement sordides ?" Les Inrockuptibles

Ah voilà, c'est le mot que je cherchais : sordide. Le sordide soupoudré de drame glauque après une journée de labeur, non merci.

Votre dévouée, qui critique un film en ayant vu que sa bande-annonce (vilaine).

vendredi 25 janvier 2008

Je vous trouve très beau.

Non, permettez-moi de modérer votre joie extatique dûe à l'espoir d'un regain de ce blog. Ce post n'était pas prévu. Pire, il est dû à des microbes qui ne me laisse pas d'autre choix que de regarder des films, au chaud dans mon lit avec du thé de Noël à la mirabelle dans lequel je noie une cuillière de miel de montagne.
Des films donc. "Je vous trouve très beau", parce que tout le monde en a beaucoup parlé et que maintenant, c'est fini.

Déjà, le chouinchouintement (mot breveté) d'Isabelle Mergault m'est très sympathique, même si on s'en fiche vu qu'elle est la réalisatrice. Mais quand même, je tiens à le souligner, on sait jamais, elle m'est très sympathique.En plus, SCOOP ! Elle a 49 ans!!! Wha, il faudra qu'un jour, dans très longtemps, elle me passe sa crème anti-rides parce qu'elle en parait dix de moins.
Ok, on s'en fout.

C'est un bon film. A cause de Michel Blanc d'abord, en paysan bourru, râleur, dénué de sentiments (au début du moins), fait de terre, de la tête aux pieds. Et puis pour Medeea Marinescu, qui arrive (un peu) à faire croire au spectateur que Michel Blanc peut être attrayant. La fin est légèrement baclée, comme si y avait plus de pellicule: vite, vite, vite un Happy End!
Je dis non à la facilité. Mais y a des moments très drôles, comme quand il photographie des saucisses ou des pubs BMW pour faire croire qu'il est en allemagne, ou quand il rencontre pour la première fois la femme de l'agence, ou encore quand il fait semblant d'aimer la musique classique.
C'est plein de spoilers tout ça. Tant pis, ce blog est un monde libre.


C'est un peu bizarre qu'ils n'ont pas traduit les passages en roumain, mais grâce au jeu parfait de Medeea Marinescu, ça passe bien. En fait, Isabelle Mergault, elle place plein d'espoirs en l'Homme, elle regarde la société actuelle, note ses défaults et les corrige avec une baguette magique dans son film, à la manière d'une conteuse.
Je sens que je vais devenir la nouvelle BHL.

Votre dévouée, back in the web.

mercredi 24 octobre 2007

Je suis une légende.

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Ils ont fait une adaptation ciné (la seconde d'après ce que j'ai lu) du cauchemardesque et bouleversant "je suis une légende". Un de mes livres préférés.
D'abord, Will Smith tient le premeir rôle et là, ça sent déjà mauvais. Entre Hitch et men in black, il est limite ras du panier.
Ensuite, "je suis une légende" est inadaptable, parce que la force du récit vient du questionnement intérieur de Robert Neville, le seul survivant humain sur la terre. Il réfléchit à la nature humaine, à ce qu'est la norme, ce qu'est une société. Il est piégé, non seulement physiquement, presque enterré vivant dans sa maison, et psychologiquement: il est seul, il a peur, de l'avenir notamment: du siens et de la nature humaine.
Il est cerclé par des monstres et il va finir par se demander ce qu'est un monstre et si ces mort-vivants dehors sont des monstres.

Enfin, c'est un récit époustouflant parce que derrière le questionnement philosophique, il y a l'adrénaline, la terreur du type seul au monde qui tente de survivre entouré de mort-vivants qui veulent sa peau.

C'est donc inadaptable au cinéma. Surtout en grosse production américaine avec Will Smith qui manie mieux le révolver et le soap romantico-mièvre, voire l'éloge indécente au rêve américain.

Votre idole.

vendredi 31 août 2007

"Ce sera pareil partout, c'est écrit sur ta gueule"

Quand j'étais petite, je dévorais les bouquins de Mary Higgins Clark que je ne sais plus qui a résumé ainsi: c'est toujours une jeune femme entourée d'un groupe d'hommes dont un est le tueur et un son futur mari.
Je crois que j'ai pas dormi pendant plusieurs nuits après "nous n'irons plus au bois". De toute façon, j'avais de fortes tendances insomniaques, même si cette révélation surprendra l'amoureux, maintenant que je dors 8h ou 10h par nuit. Quoi, c'est pas de ma faute, le bonheur me rend le sommeil.

Là, je viens d'être replongée dans ces années passées à lire ces thrillers à l'intrigue prévisible, mais à la tension omniprésente. Je sais pas comment elle fait ça: on sait la fin et pourtant on a les boules. D'habitude ça vient avec le suspens.

Il y avait une adaptation télé d'un roman de Macmachin, du même style que Mary Higgins Clark sur la 2. Très bien menée, très bien jouée. L'histoire est cousue de fils blancs et puis un peu bateau, mais je sais pas pourquoi, à cause des souvenirs ou à cause d'autre chose, ça me terrifie.
A un moment, l'héroïne, bien entendue rattrapée par un passé trouble, une vie de merde, accusée à tord, pourchassée par un assassin revenchard sans scrupule, baisse les bras, fait son sac et se dit: "Ce sera pareil partout, c'est écrit sur ta gueule". D'une voix un peu rauque, un peu basse, presque un murmure, pas tout à fait, non pas même un murmure, une constatation désabusée sur un fond de désespoir et de colère. Envers elle-même.

J'ai eu d'excellents profs de littérature. Des vieilles demoiselles bouffies de solitude, perpétuelles raleuses qui devaient en fait attendre le lendemain pour nous revoir, une bourgeoise aux foulards christian dior à la vie plus aventureuse que celle d'indiana jones, un boiteux fan d'aristophane, une fumeuse à la voix d'homme. Tous ne vivaient que pour les livres.
Un jour, on a eu un cours sur le déterminisme et le fatalisme, sur l'idée que notre avenir est écrit. Selon certains, on peut prendre un autre chemin, selon d'autres c'est impossible. Ce sera partout pareil, c'est écrit sur notre gueule. Cette idée me terrifie.
Parfois, on se dit qu'on a déjà vécu une situation présente, on l'a peut-être rêvé, ça ne vous est jamais arrivé? Moi si. J'essaie alors de faire autre chose, ou de ne rien faire du tout, je regarde simplement ce passage filer avec le temps et je passe à autre chose qui n'est pas miné par cette impression de déjà-vu.

Votre dévouée, saine de corps et d'esprit.

lundi 30 juillet 2007

Michel Serrault


Bon, LE coup de blues, ce matin, en revenant du train, en apprenant que Michel Serrault est mort. J'aimais beaucoup cet acteur, comme j'aimais beaucoup Cassel et Noiret. J'ai de la peine, ça fait partie des types qui ont joué la comédie pendant des décennies, je les ai toujours vu au ciné ou à la télé, c'étaient devenus des références puis, avec les années, les vieux de la famille, ceux qu'on connait et qui font souvent rire.

Mince.
C'est là où il faut croire en Dieu, un tel concentré de talent, d'humanisme, de charme, d'humour, d'amabilité ne peut pas disparaître comme ça, brusquement, sans qu'il ne reste rien. C'est pas possible.

jeudi 28 juin 2007

L'homme qui court


Il y a longtemps, j'ai regardé un téléfilm avec ma soeur, un après-midi d'été où on s'ennuyait, une insipide histoire d'une fille laide qui se relooke et envoûte un gentil garçon, bravant les quolibets de son meilleur pote, craneur insupportable sans profondeur. Ce type inbuvable et caricatural, c'était Guillaume Canet, presque la vingtaine, ou peut-être pas encore.
Le film était nul, mais on s'est dit que cet acteur là, il allait monter, on lui donnait quelques années.
En fait, il ne lui a fallu que quelques mois.

Puis, il est passé derrière la caméra avec "Mon idole", que je trouve particulièrement réussi, surtout pour un premier film. Faut dire que Berléand est un des meilleurs acteurs français actuel.
Là, je viens de regarder "Ne le dis à personne", avec l'excellentissime François Cluzet et le non moins talentueux André Dussollier, et j'ai le coeur qui bat à cent à l'heure, les mains tremblantes et un poids sur l'estomac, ce qui fait beaucoup pour un seul film.

En quelques mots, c'est l'histoire d'amours absolus, à différents points de vue, sous fond de thriller à couper le souffle. Le personnage principal perd sa femme, tuée par un serial killer à quelques mètres de lui. 8 ans plus tard, il reçoit un email qui remet tout en cause, toute sa vie, qui le fait douter de la mort de sa femme, de sa vie avec elle, de l'homme reconnu coupable du meurtre, de lui, des flics, des circonstances du drame.
C'est un truc de fou, et comme Cluzet est formidable, on se met à sa place, on se sent mal, essoufflé, traqué, plein de doutes, de questions, d'incompréhension. On cherche à comprendre et on se met à courir. Pour trouver des réponses ou pour fuir une vérité qu'on pensait acquise et qui aurait permis de faire le deuil. Ou les deux.

De toute façon, le deuil sera jamais fait. Y a des flash back incroyables à ce propos, parfois ils ne parlent pas, la caméra passe du visage de Dussollier (le père de la morte) au visage de Cluzet, ravagé par la peine et on manque d'air. Non, franchement, je vous assure, on manque d'air. Ce film aurait dû s'appeler "à bout de souffle", mais on l'aurait accusé de copier le titre du film de godard.

La musique fait beaucoup aussi: c'est fin, dans les moments de traque où il aurait été simple d'envoyer la cavalerie, il a fait un truc où on a l'impression d'être Beck, d'être cet homme fou de douleur, perdu dans ses doutes, bouleversé, amoureux à en sombrer dans la folie d'une femme qu'il n'a pas pu sauver.

Ne le dis à personne n'est pas un film de tout repos, ni pour le corps ni pour l'esprit. C'est un des meilleurs films que j'ai vu cette année.

Il est déjà 14h, faut que je parte à mon rendez-vous, je vais être en retard, encore en retard, faut que je courre.

Votre amie, qui a bonne mémoire.

mardi 19 juin 2007

Des rebelles dans la forêt!


Je viens de regarder le très drôle "Les rebelles de la forêt", histoire de détendre l'atmosphère. C'est une réussite ce petit dessin animé, c'est bizarre qu'il n'ait pas fait plus de foin à sa sortie: c'est bien plus rigolo que Shrek 3.
Si, c'est vrai!

Installez-vous confortablement dans un fauteuil, détendez-vous: il était une fois, dans une petite ville canadienne (ou pas loin de là) un grizzly prénommé Boog, élevé par "la fille en short", et donc domestiqué. Il est heureux, à manger des biscuits, faire un petit show pour les enfants et dormir avec son ourson en peluche. Mais voilà qu'arrive Elliott, un jeune cerf maladroit, bavard, casse-pied, "unicorne" comme il dit vu qu'il a perdu un bois en se faisant renverser par le méchant, l'horrible, le cruel chasseur. Oh non! Me direz-vous, effrayés. Si!

Suite à un concours de circonstances provoqué par Elliott, Boog est relaché en pleine forêt afin de reprendre une vie normale dans son milieu d'origine, mais Boog a un comportement "humain": il a peur des animaux, il mange que des "wouhou" (des choco) et refuse de faire ses besoins si y a pas de toilettes.

En fait, ça me fait penser à la formidable BD de François Roussel que j'ai eu l'immense honneur de lire en avant première (et qui ne sortira qu'en octobre, ça s'appelle "Des Bêtes").

Il y a plein de personnages secondaires attachants, rigolos, idiots, charmants, comme l'armée des écureuils britanniques belliqueux, le porc-épic qui croit qu'il est le pote à Elliott, les putois chamailleurs, les poissons karatéka, le craneur Franck (le chef des cerfs), les lapins idiots qu'on peut se lancer à la figure...
C'est formidable, drôle, on rit, même que si on rit en buvant un verre de lait, y a du lait qui ressort par les narines, et ça, ça fait mal et c'est nul.
-> soupir.

Ah oui pi j'oubliais: le graphisme est pas mal, peut-être moins que chez Pixar mais tous les petits détails style poils des bêtes ou écorce des arbres sont sympas.

A voir donc!

Votre dévouée, enthousiaste.



Post Scriptum: à la lecture de critiques d'utilisateurs d'allociné sur ce film, je suis ébahie, voire même perplexe (mon état de grâce). La remarque récurrente est: c'est pas réaliste. Non, c'est pas réaliste, en effet, c'est le moins qu'on puisse dire: les animaux, ça parle pas dans la vraie vie. (j'apprends quelque chose à quelqu'un?)
Oui, c'est plein de bons sentiments, oui c'est gentillet, les animaux échappent tous aux chasseurs et deviennent tous les meilleurs amis du monde. Mais ce n'est pas niais, ni mièvre et encore moins moralisateur (pas comme dans Némo où la morale m'avait tellement gonflée que j'avais failli partir de la salle de ciné).

Parfois, il faut se laisser aller les gars. On se calme, on s'détend, pas la peine de chercher une explication pseudo-philosophico-métaphysique à ce dessin animé. Car c'est un simple dessin animé, plutôt à destination des enfants mais également très plaisant pour les plus grands. Et puis, flûuute (politesse, mon amie), le réalisme parfois, on s'en balance! Faut savoir apprécier les bons moments.

lundi 18 juin 2007

Vergès, ton univers impitoyable


Bon alors ça c'est fait: je suis allée voir le documentaire sur Vergès sobrement titré L'Avocat de la Terreur, dans un cinéma d'arts et d'essais.

Je vous l'annonce tout de suite: ça a été l'un des moments les plus pénibles que j'ai vécu dans une salle de cinéma avec le jour où j'étais allée voir From Hell et que je me suis persuadée que le type assis derrière moi allait m'égorger.

Résumons le propos de ce "documentaire" à la partialité qui deviendra probablement légendaire:

Vergès est un mystérieux bienfaiteur de l'Humanité, il a défendu les types du FLN qui sont en fait présentés comme des martyrs de la résistance, avec un gros parallèle avec la seconde guerre mondiale puisque l'armée française est comparée explicitement aux nazis.
Ah oui, dans Vergès, comme dans ce film, il n'y a pas de nuances: il y a les bons, et les méchants.
Vergès est présenté comme un courageux militant de l'injustice. Klaus Barbie, dont le film balaie l'existence et le procès en 5 minutes (ce qui, comparativement au nombre de morts qu'il a engendré, laisse perplexe), est un opprimé, un homme en péril que la foule veut lyncher. Et comme le dit si bien Vergès: ceux qui sont contre lui sont des abrutis.
La majeure partie du documentaire est consacrée au FLN, avec interviews multiples d'ancien du FLN qui rient joyeusement en évoquant les moments où les bombes explosaient. Ben oui. La violence est légitime on vous dit.
L'ancien chef du FLN dit à un moment: "les morts je m'en fous, c'est pour les mutilés que ça me dérange". Avec une petite grimace.
Le film présente donc des héros défendus par Vergès-le-courageux.

Soyons clairs: je condamne la colonisation, l'exploitation d'un peuple, la torture des opposants au régime colonialiste. Mais, je condamne toutes les violences aveugles qui se sont déroulées durant cette période, de tous les côtés. Je trouve insupportable la légereté avec laquelle les ex-membres du FLN rient, dans ce reportage, des carnages provoqués par leurs bombes (ou quand ils en parlent comme si c'était vraiment la meilleure chose à faire, en attribuant le rôle de héros à celle ou celui qui engendre le plus grand nombre de morts). Comme je trouverai insupportable une interview de militaire français qui se vanterait d'avoir torturé des membres du FLN.

Dans ce documentaire, il n'y a qu'un seul point de vue montré: celui des poseurs de bombes, qu'ils soient algériens pendant la guerre, luttant pour l'indépendance de leur pays, qu'ils soient palestiniens, ou encore qu'ils soient de la bande à Carlos, tuant pour obtenir un maximum de fric. Il n'y a aucun témoignage qui donnerait une autre vision des choses, qui ne soit pas la légitimation de la violence.
Alors, on va me rétorquer que le sujet du film, c'est Vergès et pas les évènements sanglants qui se sont déroulés dans l'Histoire. Oui mais à partir du moment où l'Histoire devient le support de tout propos tenu sur Vergès, il faut la présenter avec des témoignages des deux bords luttant l'un contre l'autre.

Aucun mot sur la défense des dictateurs en afrique, presque rien sur son amicale relation avec les Kmers rouges si ce n'est quelques photos d'archives, presque rien sur le procès Barbie. On s'attarde un peu plus sur sa "sympathie" (le mot est de lui) qu'il éprouve pour Carlos et ses complices.

Vergès, c'est quelqu'un qui éprouve beaucoup de sympathie, il a beaucoup d'amis: Genoud, le nazi suisse, d'autres potes nazis avec qui il se baffre dans les restos (tous sont des hommes libres bien évidemment), les terroristes palestiniens, Carlos et les siens.
Quand on lui demande pourquoi il les défend, il répond: c'est normal, avec un petit sourire. Normal, en voulant dire légitime. Tout accusé a droit à un avocat, nous sommes d'accord, mais y a une différence entre assurer une défense du mieux qu'on peut et éprouver de l'admiration, de la sympathie, de l'estime, de l'amitié ou même plus pour son ou sa client(e).

Vergès, c'est aussi quelqu'un qui rit beaucoup. Des autres surtout, puisque les autres sont des imbéciles, sauf les assassins, les psychopathes, les sérials killers, les dictateurs, les nazis, les terroristes...ect


La stupéfaction, la colère, la frustration passées, je peux affirmer que ce documentaire n'est pas un documentaire mais un film à la gloire d'un personnage et d'une vision du monde, violente et cahotique, où le prix d'une vie est dérisoire puisque c'est celle d'idiots.

Ce film est une tentative grossière de manipulation afin de rendre les prises de position de Vergès plus confortables.
Vergès, lui, doit encore bien rire de se voir en héros glorieux, son orgueil déjà surdimensionné va finir par l'étouffer.

Vergès est un homme qui rit. Beaucoup. Je crois qu'il a le même rire que celui de Djamila Bouhired à l'annonce de sa condamnation à mort.

Shrek le troisième


Règle n°1: ne jamais aller voir au cinéma un dessin animé populaire non interdit aux moins de 10 ans. Bien sûr, j'ai oublié cette règle, et je me suis retrouvée entourée d'affreux gamins gesticulant, criant, dont un diable blond dont le taux d'infernabilité devait être bien supérieur à la moyenne pourtant déjà élevée.

Bon, donc j'étais très bien placée, dans une salle avec écran panoramique, en galante compagnie, jusqu'à ce que deux clones-filles d'environ 5 ans se sont assises devant moi et ont passé leur temps à se retourner vers moi pour regarder le projectionniste. Le film commençait qu'elle fixait encore la lucarne lumineuse sur le mur.

Quant au diable, il s'est réincarné pour l'occasion dans le corps d'un enfant blond platine qui aurait pu jouer dans le Village des dammés. Il hurlait tout le temps en sautant sur son siège. Je vous laisse imaginer, à tel point que je n'entendais pas les paroles des personnages du film à certains moments.
Je me suis dit: ou bien je me lève, je le soulève par la peau du cou et je le fous dehors et après j'explique aux parents que c'est pour son (et mon) bien. Ou bien j'essaie de saisir les dialogues du film, avec une patience qui rendrait fou n'importe qui.
J'ai tenu bon!

Le film était plaisant. Moins drôle que les précédents, ce qui me fait espérer que ce soit le dernier, mais avec de bons moments: comme le personnage de Merlin en robe et chaussettes ou les cauchemars de Shreck en futur paternel (hideux petits ogres).
La fin en revanche est nulle, sans originalité, sans inventivité: ils ont voulu coller une chanson en fin de films, probablement par habitude, et ça fait pièce rajoutée, inadéquate, et franchement sans intérêt.

Donc en gros, un agréable petit dessin animé, dont l'histoire s'essouffle, plaisant à voir, peut-être pas à revoir.

Votre reporter attitrée.