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mardi 31 mars 2009

Retour au bercail.


C'est la guerre ! Il y a un camp militaire près de mon supermarché, trois cars de CRS dans la moindre petite rue, des barrières renforcées qui bloquent des routes, des militaires avec des mitraillettes et des airs de rambo, des hélico de temps en temps et des flics qui vous demandent vos papiers au moindre pas posé sur le bitum.

Mes copines qui habitent en centre ville ont du aller chercher un badge pour avoir une chance de rentrer chez elles (ou d'en sortir). Le campus est déserté, ce qui, je le précise, est anormal.

Cet aprem, en prenant le tram sous le soleil qui faisait briller l'eau du canal, il y avait un type un peu fou qui haranguait la foule en baragouinant rien de bien cohérent et au croisement de deux rues ont déboulé dix motards avec force fracas. Ils se sont arretés au feu rouge et tourné la tête vers le fou. Moi, bien sûr, avec mon esprit tordu, j'ai vu tout ça au ralenti : le rayon de soleil sur l'eau, l'air un peu effrayé du fou, les têtes des motards qui se tournaient ensemble vers lui, et puis plus rien. Le silence tout d'un coup pendant quelques secondes. J'ai pas vu le fou disparaitre, mais quand j'ai regardé dans sa direction, il était plus à côté de son banc.
Je me tire aussi.
Il y a plus de policiers et militaires que d'habitants dans cette ville, ça a allumé une alarme rouge qui clignote dans mon cerveau, surtout depuis hier soir, quand je suis rentrée fort tard en voiture d'un dîner chez les totally spies et qu'ils étaient encore aux coins des rues, frais et dispos avec leurs regards suspicieux et leurs doigts sur la gachette.
On a eu l'impression qu'ils allaient nous dire de lever les mains en l'air.

Retour au bercail.

Tchuss.

VD.

mardi 4 novembre 2008

La poste.

La grande poste, par opposition aux petites annexes de quartier envahies par les mémés aux heures de pointe, est située dans un immense batiment en pierres brunies par des années de pollution. Les fenêtres sont cachées par d'épais barreaux de fer, comme en prison et la porte à l'origine transparente est recouverte d'une couche de crasse qui lui donne un aspect brouillé parsemé de traces de doigts.
C'est le genre de portes sur lesquelles les gamins aiment écraser leurs junéviles visages en tirant la langue pour bien lécher toutes les bactéries qui s'y trouvent.

Quand on entre dans la grande poste, on ne sait déjà pas où aller : devant, il y a un mur en verre, des deux côtés il y a deux couloirs exigus jonchés de collissimo d'exposition. Bien sûr systématiquement, je prends la sortie pour l'entrée et je me cogne à la pancarte vantant les mérites de la banque postale qui est suspendue à 1,75 mètres du sol.
De là, une marque rouge au front, je fais comme si de rien n'était pour constater qu'environ 25 personnes attendent en file indienne, patiemment, les mains croisées sur leurs bedons, l'oeil rivé à l'horloge en plastique clouée sur un mur couleur vert sale.

Certains soufflent, le sourcil froncé et la mine inquiète. D'autres, résignés, assis sur des chaises d'un bleu électrique qui rappellent les décos de Valérie Damidot, ont le regard vide et les traits avachis. Ils se demandent probablement pourquoi ils ont voté Sarkozy, pourquoi le service public n'a de public et de service que le nom, pourquoi il n'y a qu'un seul guichet ouvert sur dix, pourquoi il n'y a pas de système d'aération, pourquoi le type à côté renifle sans cesse avec un bruit dégoutant qui donne envie de vomir, pourquoi le gamin dans sa poussette n'arrête pas de brailler, pourquoi ils attendent tous depuis trente, quarante-cinq minutes voire une heure, pourquoi la file n'avance pas, qu'est-ce qu'ils font là, qu'est-ce qui sent comme ça. L'urine. Il y a des relans d'urine qui vous soulèvent le coeur à la grande poste, comme dans certains couloirs du métro.

A la grande poste, il n'y a qu'un seul guichet d'ouvert sur dix à 13h30 de l'après-midi, quand les gens sont pressés de reprendre le boulot et qu'ils ont pris sur leur pause déjeuner pour poster un colis à tante Amaranthe.

L'Etat n'a plus d'argent pour payer un deuxième guichetier. Bon, c'est vrai que quand l'Etat a besoin de sous, brusquement, il en trouve, par millions, mais en fait, non, bon peuple, il n'y a pas d'argent, c'est pour ça qu'il faut laisser tomber en ruine les bâtiments publics, fermer les antennes postales pas rentables, supprimer des postes de profs, notamment de profs spécialisés. On s'en fiche des profs, de toute façon, hein, peu importe l'éducation du peuple : moins le peuple apprend à réfléchir, moins on n'a de problèmes pour le gouverner.

Il est où le service public, dis? Il est où ?
Pendant ce temps là, le budget de Nabot explose, faut dire qu'il court Nabot, il brasse de l'air, ça coûte cher. Des résultats? Pourquoi des résultats? Vous voyez bien qu'il fait ce qu'il peut. "Lui, au moins, il fait quelque chose". Oui, il brasse. Il donne un dernier coup de pied dans le dos du service public moribond déjà à terre et repart. Vite ! L'International l'attend, avec sa "belle épouse", dixit Sarah Palin entre deux gloussements.

VD.

vendredi 17 octobre 2008

Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle

Hier, j'ai vu un reportage sidérant sur des filles de 28 ans qui se faisaient injecter du botox ou qui dépensaient 165 euros en produits "anti-rides".

Vieillir, c'est un problème pour tout le monde, après on vieillit tellement qu'on meurt, qu'on nous enterre dans un trou avec un nom dessus et un jour le temps aura effacé le nom, il n'y aura plus rien dans le trou, plus personne qui se souviendra de nous, et tout ceci est cauchemardesque.
C'est d'ailleurs pour ça que j'ai 17 ans, je viens de réussir mon bac, c'était génial.

Le second problème (à part celui - de taille - de mourir un jour), c'est que les magazines féminins ne montrent jamais de femmes avec des rides. Même Nathalie Baye (une des plus belles actrices de sa génération) a un visage lisse de poupon dans les pages glacées de "Elle".
Hé Bien-Aimé, je te somme d'arrêter de t'esclaffer car je ne me suis pas réabonnée. Non mais.

Il n'y a pas de nuances en fait : c'est ou Nathalie Baye, ou Claudia Cardinale (aaaaaaaaahhhhhhh). Bon, il faut accepter de vieillir mais il y a quand même des limites : CC, par exemple, devrait éviter de se maquiller comme le Joker, parce qu'après on va dire aux enfants : "si tu manges pas ta soupe, CC va venir te chercher!".
Pff jdis n'importe quoi, j'ai le droit, c'est ma semaine de repos après 2 ans sans vacances.

Non mais, comprenez donc mon propos, chers lecteurs : se faire botoxer à 28 ans pour ressembler aux filles des magazines retouchées par Photoshop, c'est ridicule. Se faire botoxer pour avoir l'impression de reculer face à une échéance certaine et morbide, c'est moins ridicule mais c'est un leurre.

Se mettre des crèmes vers la cinquantaine pour éviter de ressembler au Joker, oui d'accord. Une petite intervention toute en discrétion oui hein, pourquoi pas, faut pas être sectaire non plus, mais il faut raison garder. A 28 ans, attendez je vérifie sur ma carte d'identité : oui, ce serait comme si dans 4 ans, j'étais vieille !
-> rire incrédule.
Non. Non, de toute façon j'ai 17 ans donc tout va bien. Lalala.

Vous savez de qui c'est la faute tout ça? A part la faute de la mort et des magasines? C'est la faute des hommes ! (J'entends déjà les cris d'indignation de la gente masculine)

Un jour, lors d'un interview, un excellent acteur français est descendu d'un coup dans mon estime, il s'est écrasé à - 50 points pour une phrase pronconcée d'un air satisfait : il retrouvait sa seconde jeunesse depuis qu'il était avec une fille de 20 ans de moins que lui, et qu'il comprenait maintenant pourquoi ses potes le poussait à prendre une jeune maîtresse.
Et dire que c'est un des acteurs les plus talentueux de son époque, c'est déprimant de voir que l'homme, derrière l'acteur, peut se révéler être une sombre ordure.

La société fabrique des névrosé(e)s, c'est pas nouveau. D'ailleurs je mets une part de responsabilité sur le dos des hommes mais à mon avis, c'est en train de se retourner contre eux vu l'explosion des ventes d'anti-rides pour hommes et des fréquentations dans les centres de beauté.

Bon, voilà, ça change de parler du KRASH-BOURSIER-COMME-EN-29 qui, selon les médias depuis quelques semaines, dirige la terre vers un trou noir.
On finira sur la route (attention, référence littéraire ;) n'est-ce pas Sandrine).


Mince, mon post est affreux. C'est parce que cette nuit j'ai fait un des cauchemars les plus horribles de toute ma vie (et Dieu sait que les cauchemars, ça a longtemps été ma spécialité, avec le muffin à la cannelle).

Sur ces bonnes paroles bien réconfortantes, bonne journée.

VD.
V. comme Vendetta !

jeudi 25 septembre 2008

Apocalypse NOW


Qui a entendu le discours de Bush sur la crise financière américaine doit être aussi abasourdi que moi : ce matin, une partie était retransmis sur la Matinale. En gros, c'est la fin du monde.

Je ne m'y connais pas vraiment en économie, et probablement que la crise est grave en effet et qu'elle est susceptible d'avoir des répercussions dans le monde entier mais là, le discours de Bush était particulièrement alarmiste.
J'avais l'impression qu'il disait : "les femmes et les enfants d'abord".
Le bateau coule, certes, toutefois d'habitude, les politiques évitent de le dire, ils enrobent des approximations de métaphores sur le temps et l'histoire et assurent que la situation est sous contrôle parce qu'ils sont les plus forts.

En fait, le journaliste de Canal a relevé les termes du discours : "catastrophe", "tragique", "dramatique", "licenciements", "ne plus pouvoir payer les employés", "faillites", "panique", "difficultés à obtenir des crédits", "se retrouver à la rue". En gros, retour en 29, voire pire.

Je ne comprends pas trop ce qu'il cherche en prononçant de telles paroles: si c'est la panique, ça va pas tarder. C'est bizarre de vouloir la panique. Vous allez me dire, vaut mieux dire la vérité aux gens.
Dans le cas où ils peuvent se mettre en sécurité oui, comme quand on annonce une épidémie, on prévient la population de la situation en sachant que c'est susceptible de mener à la panique mais au final, c'est parce que la divulgation de l'information permettra de sauver des vies.
Là, les gens ne peuvent rien faire individuellement.
Pourquoi ne pas avoir dit : "la crise est d'une gravité exceptionnelle, l'Etat se charge d'y mettre fin", au lieu de "on va tous crever dans une misère noire, préparez-vous à vous achever à l'aide de vos fusils offerts à l'ouverture de votre compte bancaire!"

Peut-être que toute Vérité est bonne à prendre, cependant il y a une façon de le dire. C'est pas pour rien qu'il y a des personnes spécialisées dans la communication politique, non?

L'économie mondiale est en train de s'effondrer.

...

AAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

VD.

Post scriptum : y a les directeurs des banques privées ayant sombré qui ont reçu un parachute doré de quelques millions de dollars.
L'Homme est une espèce décidément fascinante.

mardi 5 août 2008

Peine perdue

J'ai tenu 10 minutes devant le reportage de la 3. Deux types se présentant comme intellectuels, vont aller acheter une femme russe.
Le principe en lui même est révoltant, mais les propos des deux types le sont encore plus. Je résume : les femmes françaises sont trop libres, trop sophistiquées, trop matérialistes, donc la solution à ce fléaut est d'aller chercher la femme soumise en russie.

Il y en a un qui cumule les réflexions bassement sexistes et insultantes pour toutes les femmes : selon lui, le comble serait que la femme travaille et que l'homme "gère l'intendance" à la maison. Il faudrait selon lui, se calquer sur la société "animalière organisée" : je cite : le mâle mange en premier et si la femelle approche, elle se prend un coup.
Un grand philosophe se révèle.

Autre réflexion : oh celle-là est vraiment trop triste, elle m'a regardé avec des yeux de cocker toute la soirée, c'est la moins belle des plus belles que j'ai sélectionné.
Quant à l'autre type, il a choisi des chemisettes en fonction de la morphologie de la femme russe sélectionnée : mince avec une forte poitrine.
Voilà.

Au XXIeme siècle dans un pays comme la France, intégré dans l'Europe, fondateur de la Déclaration des droits de l'homme, qui parle à tout va d'égalité, il y a encore des connards pour considérer la femme comme un sous-être dont la fonction principale est de procurer un plaisir sexuel à l'homme.

Quand j'ai vu la tête de la première fille russe, j'ai cru qu'elle allait pleurer. Et moi avec.
Quand la femme est traitée comme un objet sexuel dans un autre pays, on se dit que l'évolution va venir, que la situation va s'améliorer, et puis on regarde deux français qui prônent à la télé le retour à une société à la cromagnon. Je les vois bien assomer une fille pour la ramener dans leur caverne.

Ce qu'ils font ces deux types, et les gens de l'agence matrimoniale avec, c'est non seulement encourager les discriminations entre hommes et femmes, abuser de la détresse de jeunes femmes poussées à des extrêmités par des difficultés économiques mais en plus tenir un discours ultra-conservateur choquant et dégradant pour les femmes.

Je pourrai entrer dans une colère noire toute seule dans mon grand appart vide, prôner la fermeture de telles agences mais ça ne servirait à rien. Il faudrait que tous les hommes comprennent et acceptent que les femmes ont la même valeur qu'eux, ont droit au même respect, à la même ascension sociale, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs dans la société.

Toutefois, force est de constater qu' il y aura toujours des imbéciles pathétiques, des neurones hermétiques à toute réflexion sur le thème de l'égalité, des êtres englués dans leurs certitudes absurdes, comme des cailloux dans les chaussures de la société, un reste de merde dans le creux de la semelle.

Le combat pour l'égalité est de ceux qui ne finissent jamais.
Et j'espère que ce n'est pas une prédiction, j'aimerais qu'une fois pour toutes on insère l'info dans le cerveau de tous.

Votre dévouée, écoeurée.

jeudi 31 juillet 2008

De l'attitude du CIO aux JO de Pékin.


Un mot quand même des JO-fiasco, même si tout le monde s'en fout. Un mot du CIO en particulier, que je croyais simplement aveugle, sourd, muet et lâche. Je me suis trompée, le CIO approuve simplement les mesures attentatoires aux libertés que prend la Chine malgré ses promesses. Promesses de dictature, déjà c'est une notion qui aurait dû nous alerter.
Ménard et Cohn Bendit doivent suffoquer. En fait tous ceux qui se préoccupent un minimum des droits de l'homme devraient suffoquer. Je manque d'air, d'ailleurs il fait trop chaud ici.

Il y a eu plusieurs grossières erreurs depuis les réunions pour désigner le pays accueillant les JO de 2008.

1/ L'idée fausse et un peu niaise selon laquelle laisser un système autoritaire organiser les JO lui permettra de s'ouvrir au monde. Par le passé, ça n'a pas marché, "on" aurait dû s'en souvenir.
Conclusion : le CIO a la mémoire courte.

2/ L'idée selon laquelle on peut discuter avec un système autoritaire. Par définition, un système autoritaire, c'est autoritaire, ça ne va pas aller faire des concessions, surtout sur les libertés publiques, faut pas déconner quand même.
Conclusion : le CIO vit à Candyland.

3/ L'idée selon laquelle on peut croire les promesses d'un système autoritaire.
La Chine, n'en déplaise à toute la classe politique française qui est devenue subitement muette (droite, gauche et tous les partis confondus), c'est un Etat qui enferme les opposants politiques, qui les torture, qui les fait disparaître, c'est un Etat où la liberté de la presse est une notion absente du vocabulaire, où les travailleurs sont traités comme des esclaves, un Etat qui ne respecte pas l'individu en tant qu'être humain titulaire de droits. L'individu en Chine, n'a que des obligations. Envers l'Etat. Il est au service de l'Etat, sa vie ne vaut que par rapport à ce qu'il peut apporter à l'Etat.
Conclusion : le CIO se moque de nous. (Et ce n'est pas très gentil.)

Que le CIO soit aussi muet que les politiques sur ce point, c'est très énervant, mais que le CIO considère que la censure d'internet n'est pas son problème, malgré les "promesses" faites pour laisser les journalistes libres d'exercer leur travail, je trouve ça nauséabonde.

Le CIO devrait suspendre les jeux, pas les annuler, simplement les suspendre le temps de forcer la Chine à respecter (en partie au moins) ses engagements pris au niveau international.

Sarkozy, qui malgré tout est le président de la République française, devrait renoncer à venir à la cérémonie d'ouverture. Etant donné que l'ambassadeur de Chine en France est capable de menacer économiquement la France devant les caméras du monde entier si Sarko reçoit le Dalaï Lama, je crois que ça donne un petit aperçu de la déconnexion totale de ce pays avec le monde. Aucun JT n'a insisté là dessus mais y a quand même ce type, qui est peut-être ambassadeur mais qui est surtout sur un sol étranger et dont la mission première est la diplomatie, qui se permet de menacer publiquement le président de la France et de l'Union Européenne? Et tout le monde s'en fout. En fait non, tout le monde baisse la tête et regarde ses pieds parce que la Chine tient le monde économiquement.

Bon voilà. Faites qu'au moins les sportifs, quand ils vont défiler à la cérémonie d'ouverture, pensent à tous ces gens opprimés, torturés, enfermés quelque part en Chine. Les politiques, c'est foutu, leur conscience a disparu avec leur courage, seul l'argent compte.

Votre dévouée, qui se met au BIO.

Post Scriptum 1 : Cliquez ici

Post Scriptum 2 : il est où le Tibet? C'est quoi le Tibet? Est-ce qu'il y a déjà eu un problème avec le Tibet?

samedi 21 juin 2008

Des fleurs partout, et puis du sang, du feu, de la poussière et des morceaux de chair

J'ai vu un reportage sur les terroristes en Afghanistan. Ils ont trouvé un moyen de tuer tout sur leur passage sans se tuer eux-mêmes : ils envoient des enfants avec des ceintures d'explosifs. En effet c'est pas con : pourquoi mourir alors qu'on peut faire faire le boulot par des gamins? Non, c'est pas con, c'est juste monstrueux. Il existe les enfants soldats, maintenant il y a aussi les enfants kamikazes. ça fait toujours quelque chose quand on apprend qu'une nouvelle fois des hommes sont sortis de l'humanité, volontairement, par stratégie, qu'ils ont réfléchi et ont trouvé une solution logique et monstrueuse à leurs problèmes.

J'insiste sur mot "monstrueux", on a tendance à le galvauder, à y voir les personnages de contes, les géants aux dents pointues ou les loups dévoreurs d'enfants ou à qualifier ainsi l'état de la cuisine après que le lait bouilli soit sorti de la casserole, pour prendre l'air comme il fait chaud, ou encore pour qualifier quelqu'un de répondant pas aux standards de la beauté de l'époque ("cet homme est ma foi monstrueusement laid, jettons-lui des cailloux!").

Allons, je cherche dans mon gros dictionnaire : "qui dépasse ce que l'on peut imaginer, tolérer".
Bon, c'est pas formidable. D'après ma mémoire, ça devait être Michel Foucault (à ne pas confondre avec Jean-Pierre de qui veut gagner des millions) qui l'avait décrit comme l'état de celui qui sort de l'humanité, et je trouve que ça colle tout à fait à la réalité. Ces hommes qui poussent des enfants à se faire exploser, qui les endoctrinent, qui les manipulent, ce ne sont plus des hommes. Cela parait être une banalité et pourtant je crois que c'est important de le souligner.

Info du 21 juin :
"Le général Khattab Abdallah Areb a indiqué à l'AFP qu'un enfant âgé entre 10 et 13 ans, portant une ceinture explosive, s'était approché en courant vers son convoi et s'était fait exploser mardi matin contre son véhicule, alors que celui-ci arrivait à un poste de police près de Kirkouk. Le général, atteint d'éclats au ventre, à la poitrine et à la jambe, est soigné à l'hôpital général de la ville ainsi que son chauffeur également blessé par l'explosion. L'enfant est mort."

Dans le reportage que j'ai regardé, les journalistes ont interrogé un petit de 5 ans qui a déclaré : "ils m'ont dit que quand j'appuierai sur le bouton, il y aura des fleurs partout", avec un sourire jusqu'aux oreilles et un regard émerveillé tourné vers la caméra.


Votre Dévouée.

mercredi 11 juin 2008

Bush en tournée d'adieux

lundi 9 juin 2008

Le peuple versaillais (volume 1)

Versailles, outre le fait d'abriter le Château, compte parmi sa population une intense majorité de « prout-prout ». J'ignore si cette expression est passée dans le langage populaire et d'ailleurs je ne me rappelle plus son origine, mais j'ai toujours appelé les « prout-prout » ces familles nombreuses qui trimballent une tripotée de gamins habillés comme au siècle dernier ou alors habillés en bleu ciel pour les garçons et en rose pâle pour les filles (chez Cyrillus exclusivement).
Souvent les mères de famille ont des serre-têtes, comme dans les années 80, des jupes à carreaux et des talons plats. Les enfants sont habillés tous pareils, et le père a des mocassins et un pull sur les épaules.

L'autre jour, alors que je circulais dans la dite ville, slalommant entre la marmaille et les vieilles enrubannées garnies de colliers de perles, ont déboulé, frais comme des gardons, une horde de policiers, juchés sur leurs nouveaux VTT, en tenue d'été : shorts ras-les-fesses, lunettes de soleil sportwear, et polo blanc. Scout toujours ! Jean-André et Marc-Aurèle, faisant leur ronde dans le quartier chaud de Notre-Dame ! (Eglise avec des prêtres en soutane, comme dans le temps).
A la fin de leur journée, il leur suffit de changer leurs baskets pour des mocassins, de jeter un pull-over pastel sur leurs épaules et hop, les voilà revêtus de la tenue réglementaire pour aller avec chérie et les enfants dîner à la pizzéria où la margherita est à 14 euros.

Mais la journée du policier versaillais est loin d'être de tout repos, car près de la gare il y avait deux jeunes racailles, avec des slims ultra-moulants et des blousons en cuir, la clope à la main et la mèche dans les yeux. Ça, ça nécessite au moins un contrôle d'identité en règle, pour suspicion de troubles à l'ordre public !
La bande à Charles-Emmanuel, qui file du mauvais coton depuis qu'il a découvert Tokyo Hotel, et qui stationne sur le trottoir en discutant de l'influence de Kant sur la société actuelle, gênant la bonne circulation de Mme Prout-prout, enceinte de son dixième, qu'elle appelera Marie-Adélaïde en souvenir de son arrière-grand-mère, en rêvant secrètement de l'appeler Jessica, comme Jessica Alba.

J'ai parfois l'impression que c'est uniquement son cadre (superbe) et son histoire qui empêche Versailles de devenir Wisteria Lane.

VD.

vendredi 30 mai 2008

La Chine s'ouvre selon Chappatte

dimanche 18 mai 2008

Tears Spears

Dans un message précédent, je parlais des prénoms et de leur possible incidence sur la vie de celui qui le porte. Et là, je viens de voir que la soeur de Britney Spears, va appeler son enfant "Tears". Tears, "larmes" en français. Je sais pas si c'est parce que mon côté fataliste slave reprend du terrain, mais ça me fait froid dans le dos.
Pour moi, c'est comme si l'enfant était condamné d'avance à une vie de larmes. Je sais, c'est exagéré, mais que voulez-vous, si ma grand-mère avait su cette nouvelle, elle se serait déjà signée.
Généralement, quand l'enfant nait, que ce soit un évènement heureux ou non, on essaie tout de même de lui permettre de commencer sa vie sous de bons auspices : dans les contes, il y a souvent de bonnes fées qui se penchent sur son berceau. Là, j'ai l'impression qu'ils n'ont invité que la fée Carabosse. D'un coup, le bambin paraît moins bien parti dans la vie, déjà qu'il n'était pas vraiment désiré...
S'il a un petit frère ou une petite soeur, ce sera peut être Malheur Spears. "Larmes et Malheur, à table!".
Bref, l'idée est assez mauvaise selon moi (même si c'est soit disant le prénom de la grand-mère), d'autant plus que pour l'instant la mère s'appelle toujours Spears et "Tears Spears", ça sonne mal, c'est redondant.

Votre dévouée, qui commente parfois les infos people.

vendredi 16 mai 2008

Catastrophes naturelles



On ne parle plus des dizaines de milliers de morts en Birmanie. Faut dire qu'il n'y a pas d'images de la Birmanie, les journalistes ne peuvent pas plus y entrer que l'aide humanitaire, alors loin des yeux loin du coeur. Il y a juste probablement des cadavres en putréfaction à l'air libre et les épidémies dévastent les survivants. Mais ce n'est que pure hypothèse, puisqu'on n'a aucune information. Si on n'en parle pas, ça n'existe pas, donc depuis quelques temps, ça va déjà mieux. On a qu'à se persuader que tout va bien, que la dictature n'existe pas, pas plus que le désastre humanitaire qui est survenu, que la catastrophe n'est pas en Birmanie mais en Chine.

La Chine, elle, elle communique : elle envoie des images de militaires avec des vivres, de sauveteurs de femmes enceintes, elle fait circuler des histoires miraculeuses qui font renaître l'espoir et la foi.
Une petite fille de 3 ans a été extraite des décombres après 40h sans manger, vivante. Vivante comme vous et moi, ayant été protégée par les corps de ses deux parents morts.
Et puis il y a des journalistes qui filment, beaucoup, des gravas, les secouristes, les corps alignés, les mères qui viennent reconnaître celui de leur enfant unique en hurlant, en tombant à genoux et les journalistes se fendent d'un commentaire laconique, comme si la douleur ne passait pas le seuil de leur conscience professionnelle : "c'est souvent leur seul enfant qu'elles viennent chercher, étant donné la politique chinoise de l'enfant unique".

La télévision d'Etat transmet des images aux journalistes, des trucs dingues, où le Premier Ministre se penche vers une petite fille qui pleure toutes les larmes de son corps, comme seuls pleurent les gens qui ont tout perdu, et qui lui dit, d'un ton paternaliste : "cesse de pleurer, le gouvernement va prendre soin de toi". Mais elle ne pleure pas parce qu'elle ne sait pas qui va s'occuper d'elle, elle pleure parce qu'elle a perdu sa famille, parce qu'elle est seule maintenant, que ses parents ne seront plus là pour lui donner leur amour. Le gouvernement lui fournira peut-être un toit et de la nourriture, mais il manquera l'essentiel.

jeudi 15 mai 2008

Les prénoms

De temps en temps, je cherche des prénoms, généralement dans les sites pour futurs parents. Ce n'est pas que j'ai un quelconque désir de maternité (à part quand il s'agit d'acheter des grenouillières Petit Bateau à rayures rouges et blanches, choses que je trouve craquantes), mais c'est que je trouve la question du prénom très intéressante. Certains disent que ça détermine notre vie, ce qui est sans doute exagéré mais il est évident que le prénom influence la personne qui le porte, la situe aussi dans la société et dans l'esprit des autres. Dis comme ça, c'est terrible mais dans n'importe quel bouquin sur les prénoms, vous verrez une classification : prénoms bourgeois, populaires, chics.

Moi j'aime les prénoms qui ont une histoire, même si elle est lourde à porter. Alors forcément, les prénoms inventés qui fleurissent en ce moment, me laissent perplexe : style "lily-rose", "zoéline", "eulino", "leelou"...ect
On se croyait dans un jeu vidéo. Parfois, les parents oublient que l'enfant va le porter toute sa vie, qu'il va grandir avec, qu'il va avoir un métier, qu'il va être parent à son tour, qu'il va avoir des responsabilités. C'est étrange les gens qui confondent le prénom et le surnom.
Style sur l'état civil : prénom : Lily.
Lily, c'est adorable, mais c'est un surnom. Vous imaginez un femme, la cinquantaine, avec un poste à responsabilités qui s'appelle "Lily"?

Parfois, on dirait une blague : "eulino". Bon, y a eu Lino Ventura, mais "Eulino", Euh Lino...

Juridiquement, on ne peut pas tout donner comme prénom : on se souvient de la célèbre affaire "Mégane Renault", mais les autorités s'en fichent généralement et interdisent rarement l'inscription d'un prénom à l'état civil, en tout cas, ça va rarement devant la justice.

Reste que le code civil prévoit l'éventualité :
"Si le juge estime que le prénom n'est pas conforme à l'intérêt de l'enfant ou méconnaît le droit des tiers à voir protéger leur nom de famille, il en ordonne la suppression sur les registres de l'état civil. Il attribue, le cas échéant, à l'enfant un autre prénom qu'il détermine lui-même à défaut par les parents d'un nouveau choix qui soit conforme aux intérêts susvisés."

Il s'agit d'un prénom préjudiciable à l'enfant : ridicule (Poussette, Chaise), publicitaire (Yahoo, Google, Renaut-Megane, Mac-Apple), mais ça peut aussi être un prénom qui, associé au nom de famille, porte préjudice à la personne. Genre : Adolphe Hitter.
Personnellement, je trouve qu'un prénom inventé, qui ne ressemble à rien, peut être préjudiciable à l'enfant : ce sont des prénoms qui ne représentent rien, qui ne veulent rien dire généralement, qui ne sont qu'une sonorité. Or le prénom est bien plus qu'une sonorité, c'est une identité.

C'est pour cette raison que j'aime beaucoup les vieux prénoms, complètement oubliés aujourd'hui. Comme le mien (jvous dirai pas, jvous dirai pas, après on va me le piquer).
J'ai une connaissance (ami d'une amie) qui s'appelle "Béranger". Au début, c'était assez difficile, et en fait, après un petit temps d'adaptation, ça passe très bien : je le donnerai pas forcément à mon enfant, mais je trouve que son côté moyennageux est assez plaisant.

Après, il ne faut pas tomber dans le ridicule non plus : Estelle Denis qui appelle son fils Merlin, je trouve que c'est trop dur à porter, même si c'est un prénom chargé d'histoire.

J'ai vu un "Othis" aussi, dans le genre plus moderne. Il risque cependant de se faire traiter d'ascenseur pendant toutes ses années de primaire et collège.

Pour un garçon, j'aime les prénoms forts, quelque chose qui en impose, quelque chose qu'il va aussi falloir assumer. De toute façon, quand on a un prénom original, on n'a pas d'autre choix : on ne va pas faire de démarches pour en changer alors que c'est nos parents qui nous l'ont donné (c'est toutefois légalement possible). Et puis d'expérience, je peux vous dire que ça forge le caractère.
Du coup, (Matthieu, tu vas hurler ! hihi) : j'aime bien Balthazar. Je trouve qu'il y a une force peu commune qui émane de ce prénom. Par opposition à Clémentin par exemple.
Les prénoms masculins en "in", font un peu enfantin selon moi: Clémentin, Valentin, Viens-la-mon-poussin... ça fait toujours bizarre ce grand gaillard à la télé qui s'appelle Augustin Legrand. C'est joli, mais c'est un prénom de petit garçon (remarquez, tous ces propos n'engagent que moi).
C'est très subjectif.

Dans un autre style, j'aime aussi Léopold. C'est un prénom qui a un côté très noble, très élégant, et sans doute plus facilement portable que Balthazar.
(ça me fait penser à Léopold Sédar Senghor).

Pour une fille, j'ai toujours aimé Rose. C'est doux mais pas trop, et puis c'est le nom d'un personnage d'un roman de May Alcott que j'ai lu au moins cent fois et que j'affectionne particulièrement : l'histoire d'une jeune femme qui vit seule avec son grand-père dans un chateau reculé, délabré, perché sur le bord d'une falaise venteuse. Un jour débarque un homme sombre, cynique, assez effrayant, mais elle s'entiche de lui, lui force un peu la main pour qu'il l'épouse. Pendant quelques mois tout se passe bien, ils voyagent énormément grâce à la situation financière de l'homme, et puis elle commence à se poser des questions : elle l'a épousé dans la précipitation et ne le connait pas vraiment. Petit à petit, il y a une tension qui s'installe, elle découvre des choses étranges, soupçonne de drôles de manoeuvres, et elle finit par découvrir la vérité sur lui : il est le diable. A partir de ce moment là, sa vie de sera plus qu'une fuite. J'ai toujours beaucoup aimé les histoires de gens qui courrent en vain, pour échapper à un danger terrible, qui continuent à courrir en sachant que de toute façon, c'est perdu d'avance.

Mais mon prénom préféré pour une fille, c'est définitivement Agatha. Comme Agatha Christie bien sûr. Je le trouve frais, vif et malicieux. A mon grand désespoir, ce prénom est détesté par celui qui aurait un mot à dire dessus, simplement parce que, me semble-t-il, un chien s'appelait Agatha. Si des gens sont assez stupides ou en manque d'affection pour appeler leur animal de compagnie par le nom d'un être humain, je n'y peux rien.


Bon, voilà, j'en ai marre et là, comme je prends un après-midi sabatique après mon concours blanc, je vais relire le bouquin de May Alcott (pour la 101eme fois)

Votre dévouée.

samedi 10 mai 2008

Actes de violence gratuite et ses conséquences possibles

J'ai un superbe vélo que je bichonne depuis des années, avec un joli panier devant, dans lequel je mets mon petit sac, mes cours, voire même mes courses. Enfin, non, j'AVAIS un joli panier, qui a été vandalisé la semaine dernière.
J'avais garé mon vélo dans l'endroit prévu à cet effet, j'avais mis un petit cadenas pour la forme, et puis le lendemain, je n'ai rien remarqué de spécial, je suis allée à la fac avec, chantonnant sous le soleil, lorsqu'au carrefour, j'ai dû freiner brutalement, toutes les voitures arrivant en trombe en même temps à ma rencontre. Sous le coup du freinage, le panier tombe brutalement, me déséquilibre et je manque de me faire aplatir par un break.

Mon panier, un truc en métal joliment ouvragé, avait été méticuleusement dévissé, vis par vis, avec patience et acharnement. En regardant un peu mieux, je vois que le socle de métal sur lequel il était vissé est tordu, on a dû donc tirer dessus violemment dans le but de l'arracher.
Et mince, je trouve ça à la fois scandaleux, gratuitement méchant et profondément débile : à la limite, voler un pneu, ça aurait été plus logique : je suppose que ça se revend. Mais chercher à arracher un panier ??? En fait, c'est l'illustration d'une violence gratuite et aveugle.
ça me fait penser au "happy slapping" : une personne est filmée en train de frapper une autre personne qu'elle ne connait absolument pas, prise au hasard.

Ce genre de comportement me met dans une colère froide, presque haineuse et en même temps ça me fait un peu de peine. Je me dis que c'est le genre d'acte gratuit qui peut entraîner une méfiance envers l'Autre, n'importe quel autre : on ne le voit plus comme quelqu'un de bienveillant mais comme un agresseur potentiel.

Il y a quelques semaines, dans une laverie automatique, une femme essayait d'ouvrir une machine que je savais ne pas fonctionner, je m'avance donc vers elle en lui souriant et je lui dis : "elle ne marche pas celle-là". Elle se retourne brusquement vers moi et me lance, aggressive : "c'est ma machine!", avec un regard à la fois apeuré et en même temps près à jouer des poing si jamais je voulais lui piquer SA machine.

Bon, je vais aller faire réparer mon vélo. Je me demande si je pourrai remplacer mon panier en métal par un en osier.

Votre dévouée.

mardi 22 avril 2008

Echange femme contre chèvre

Information piquée dans les actualités yahoo :

"Un fermier bulgare a échangé sa femme contre une chèvre sous prétexte qu'elle ne pouvait pas lui donner d'enfants.
Stoil Panayotov a pris sa troisième femme, et l'a emmenée au marché le plus proche afin de l'échanger contre une chèvre de 8 ans, prénommé Elena.

Afin de se justifier, Stoil a avancé le fait qu'un de ses amis, le jour précédent, lui avait confié qu'il n'avait vraiment pas de chance avec les femmes, et qu'il aimait beaucoup la femme de celui-ci:
"le marché a été conclu avec l'approbation de ma femme. Au final, la chèvre a donné naissance à trois nouveaux nés, et ma femme à aucun. Mon ami a vraiment fait une bonne affaire, car j'ai reçu une chèvre d'occasion pour une femme neuve"
.

Passée la sidération à la lecture de cette information, outre une colère froide sous un rire jaune de façade, plusieurs choses me viennent à l'esprit :

1/ Il s'agit d'une "transaction" effectuée en Bulgarie, Etat ayant adhéré à l'Union Européenne en janvier 2007.

2/ Il s'agit d'une transaction, un échange d'un être humain contre un animal, comme si la femme (qui est un être humain, si, si, je vous assure, elle a même une âme même si les hommes et l'Eglise en ont douté pendant des siècles!) était un animal ou une chose.

3/ Il s'agit d'une situation de polygamie, puisque "l'objet de l'échange" est sa troisième femme.

4/ "Mon ami a vraiment fait une bonne affaire, car j'ai reçu une chèvre d'occasion pour une femme neuve". Genre, s'il avait eu un tracteur neuf ça aurait été sympa aussi.

Qu'est-ce qu'on peut donc faire face à une telle inhumanité? J'ai envie de dire, une imbécilité, et ce n'est pas pour insulter ces deux hommes (dont la capacité intellectuelle me parait toutefois faible), c'est simplement que je ne comprends pas comment, dans un pays européen, en 2008, une femme peut être traitée comme une chose. De manière officielle j'entends : elle est l'objet d'un contrat, un échange, comme un tracteur.

C'est là que devrait intervenir l'Union Européenne : elle qui rappelle à l'ordre les Etats en cas de violation de la concurrence, en cas de problèmes économiques, devrait s'intéresser de près au social et aux droits de l'homme.

- D'abord, il y a un déficit flagrant d'éducation : si ça ne va pas de soi dans certains pays ou dans certaines cultures, il faudrait inculquer cette vérité : la femme est un être humain, dotée d'un esprit, d'une faculté de penser, de s'exprimer, de réfléchir, la femme n'est pas une chose, ni un animal, ni un vagin, la femme est un être humain, dont la dignité et l'intégrité sont protégées par les conventions internationales ET par l'Union Européenne. La femme est l'égale de l'homme. On ne peut pas vendre une femme, on ne peut pas l'échanger contre une poule, un oeuf, une chèvre, une poutre ou un tracteur.

Je crois qu'il faut vraiment insister sur ça :
1/ Femme = être humain
2/ Femme # utérus. La femme n'est pas qu'une machine à fabriquer les bébés, ni un truc sympa qu'on peut utiliser quand on veut pour avoir du plaisir. Non, non, non.

- Ensuite, il faut sanctionner de tels comportements : un Etat, et notamment un Etat européen, qui fait partie de l'Union Européenne, NE DOIT PAS accepter de telles transactions. La justice bulgare doit se saisir de cette affaire et procéder sur 2 points :

1/ La polygamie doit être condamnée : on ne peut tolérer une situation qui maintient la femme dans une situation d'infériorité et de machine à faire des bébés.

2/ Une transaction ayant pour objet un être humain ou une partie d'un être humain (ça vaut aussi dans : "échange rein de ma femme contre poule"!) doit être déclarée illégale et les auteurs doivent être poursuivis. En ce qui concerne les chefs d'inculpation, c'est à la législation bulgare de les prévoir, il lui suffira de se calquer sur les législations des autres Etats européens et de RESPECTER les conventions internationales et européennes, notamment la convention européenne des droits de l'homme.

J'ai fait un gros effort pour réfléchir pseudo-posément à une réponse juridique acceptable : ma première impulsion aurait été de répondre à la barbarie par la barbarie en demandant à ce qu'on tranche les testicules de ces deux salopards à l'aide d'un couteau rouillé arrosé de jus de citron. Cependant, ce n'est peut-être pas une bonne solution.


Votre dévouée, qui marque dans son agenda, pour se rappeler que rien est acquis : Bulgarie, Etat européen, avril 2008 : une femme vaut une chèvre.

vendredi 11 avril 2008

Quel intérêt pour le parcours de la flamme ?


Je ne vois plus trop l'intérêt du passage de la flamme maintenant qu'elle est cachée ou entourée d'une horde de chinois au service de leur gouvernement qui crient, gesticulent et arrachent la moindre pancarte, le moindre bout de tissu représentant le drapeau tibétain, brandi pacifiquement par quelques manifestants.
Les JO, normalement, c'est un rendez-vous sportif fraternel. Pour une fois, je ne suis pas loin d'être d'accord avec Dray (diable!) qui considère le CIO comme premier responsable : quelle idée de faire les JO à Pékin!
Il savaient très bien que le gouvernement chinois allait faire "le ménage" juste avant les jeux, durcir son endoctrinement, museler la presse, les opinions dissidentes, renforcer les contrôles de police, histoire qu'à l'arrivée des occidentaux la Chine paraisse être le nouveau Candyland: verdoyant, design avec une population disciplinée et souriante qui chante et danse à la gloire de leur prospérité.
Faire les JO à Pékin, c'est renforcer le régime autoritaire, et peut même passer pour une récompense.

Autre chose : quand on boycotte la cérémonie d'ouverture, on le dit, on tourne pas autour du pot en se dandinant sur un pied, le rouge aux joues et un doigt sur la bouche ! Je trouve Gordon Brown et le pst de l'ONu ridicule sur ce point : quand on prend une décision, on l'assume.
On a des leçons à tirer d'Angela Merkle sur ce point. Décidément, elle force le respect cette femme: elle remet à sa place Sarko (qui passe son temps à la secouer par le cou, ce qui est beaucoup moins galant que le baise-main moyennageux de Chichi), elle a été la première à dire que l'attitude de la Chine envers le Tibet était inacceptable, elle a pronconcé ce discours en hébreu à propos de la Shoah et de la responsabilité du peuple allemand, ce qui était périlleux...ect
Et au moins, elle porte sa fonction : elle se tient droit, elle ne plotte pas ses collègues, elle ne se bidonne pas pour un oui ou pour un non, elle n'envoie pas de sms sur son portable pendant qu'un grand dirigeant parle...

Votre dévouée.

mercredi 9 avril 2008

Amsterdam


Amsterdam le week-end dernier : c'était la première fois de ma vie que j'allais aux Pays-bas. Amsterdam est schizophrène : y a des familles qui trimballent leurs petites têtes blondes dans des chariots devant leurs vélos (les hollandais circulent à vélos, ce n'est pas un cliché, il y a véritablement très peu de voitures et tant mieux!), des gens sains, frais et dispos qui font leur jogging dans les parcs verdoyants, des familles qui vivent dans de très jolies demeures construites il y a des siècles tout en hauteur, qui prennent parfois leur bateau sur les canaux, sous le soleil froid du printemps.
Et puis il y a le côté "Gotham City" d'Amsterdam : la drogue en vente libre, en libre consommation, les maisons closes avec des prostituées à peine majeure dans des vitrines comme les objets que n'importe quel magasin peut vendre.

C'était peut-être à cause du froid polaire, mais j'ai pas bien compris le mode de fonctionnement des néerlandais : à 17h les magasins ferment, le froid tombe et vous glace jusqu'au os. Si vous vous baladez, vous découvrez des paysages magnifiques, avec des maisons à l'architecture bancale et charmante, chargées d'histoire. Vous vous promenez, le soleil fait sintiller l'eau des canaux, il n'y a pas de bruit de moteurs, de voitures, pas de saletés partout par terre, des petits cafés sympathiques, des terrasses sous les arbres, des ponts comme dans les contes, bordés de vélos, et tout ça est merveilleusement romantique. Si vous traversez le grand parc dans le quartier des musées (musées d'ailleurs où sont exposés des Van Gogh, Wermer et Rembrand), vous découvrez une nature préservée, avec des oiseaux de toute sorte.
Mais si vous regardez mieux, les petits cafés sont souvent des "coffee shop" où le shit est roi et si vous vous perdez dans certains quartiers, vous tombez nez à nez avec des vitrines vivantes.

L'Etat néerlandais pourrait être qualifié de mafieux : il autorise la prostitution et prend un impôt sur les maisons closes, devient par là proxénète, il autorise et prend un impôt sur les coffee shop et devient par là dealer.
Ce qui m'a le plus interpellée, c'est les vitrines, le symbole de la déshumanisation de la prostituée. C'est comme dans n'importe quel magasin : la marchandise est présentée avant d'être achetée. Seulement là, la marchandise, c'est une personne humaine titulaire de droits, dont la dignité est protégée par les conventions internationales.

On me disait, face à cette remarque : "oh mais elles le veulent bien". Outre le fait que cette phrase est ignoble, là n'est pas la question : la cour européenne des droits de l'homme a sanctionné les relations SM consenties parce que c'était dégradant, pas parce qu'il n'y avait pas eu consentement des personnes.
C'est comme l'allemand qui avait consenti à être mangé par un autre type : c'est de la complicité de cannibalisme, quelque soit son consentement.

On ne peut pas tout se permettre dans une société. De plus, en ce qui concerne leur pseudo consentement, va falloir relire Zola. Les gens sont parfois poussés à des extrémités par la misère et le malheur.
La société néerlandaise en est responsable mais en plus, elle ne semble rien faire rien pour l'enrayer : elle ne crée pas des structures de réinsertion, elle favorise la misère en légalisant la prostituion et la drogue (et en se payant sur elles).

Tout ça est étonnant. Tout comme ces femmes entièrement voilées de noir de la tête aux pieds, avec un grillage sur les yeux (comme au pays des talibans) qui font leur course "habillées" ainsi, entre les coffee shop et les sex-shop.
Il y a un truc qui cloche : toutes ces manifestations extrêmistes, que ce soit les religieux musulmans d'un côté et l'extrême liberté de l'autre, affranchie de toute morale.
Et pourtant, il y a des néerlandais qui vivent paisiblement, des familles bio-écolo qui font leur jogging et promènent leurs gamins à vélos comme si de rien n'était. Qui paraissent heureux. Qui semblent n'avoir aucun problème à cohabiter avec les coffee-shop et les maisons closes.

Je comprends mal, et après tout peut-être qu'il ne faut pas essayer de comprendre en quelques jours une société battie sur des siècles d'histoire tourmentée.
Je retiens donc les paysages, les fleurs, les canaux, les bateaux, les ballades à vélos et les cappucinos pris sur la grande place. Je retiens le soleil froid du printemps et la paisible nature.

Votre dévouée, qui a eu un an de plus lundi.

samedi 15 mars 2008

Suffit de fermer les yeux et de se boucher les oreilles et tout va bien.


Soyons clairs : tous les dirigeants politiques, d'Europe et d'ailleurs, serrent la main et graissent la patte aux dirigeants de régimes totaliraires.
Les intérêts économiques passent avant la souffrance du peuple. Chirac a même poussé le cynisme jusqu'à remettre la légion d'honneur à Poutine, ce qui est quand même très très fort symboliquement.

Après, récemment, il y a eu les élections fictives russes, cautionnées par le reste du monde, avec un laconique message : les élections ne se sont pas déroulées régulièrement. Cool, ça c'est du constat, merci les observateurs internationaux.
Poutine reste en place, les journalistes se font fracasser la tête à coup de barre de fer au détour d'une rue, les opposants politiques disparaissent ou s'exilent et succombent à d'étranges maladies, et on signe des marchés à tour de bras. Il faut faire des affaires.

"Ils" ont désigné la Chine pour accueillir les nouveaux jeux olympiques. Vous allez me dire: c'est quoi le rapport avec la Russie? L'attitude des occidentaux : on ferme les yeux sur les exactions et on signe des contrats.
La chine, n'en déplaise à Madame Royal qui vantait les mérites de sa justice expéditive, a un des plus fort taux d'exécution de prisonniers au monde. Et puis, comme en Russie, c'est étrange, les journalistes sont des extrémistes qu'il faut mâter et les opposants politiques disparaissent. En fait, non, il n'y a PAS d'opposants politiques, tellement le régime en place est formidable.
Cette semaine, les manifestants pacifiques tibétains ont été massacrés.

Les meurtres, la torture, les oppressions quotidiennes continuent dans les régimes totalitaires, avec le cautionnement de l'Europe et des Etats-Unis, avec même leur bénédiction.
La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Votre dévouée.

mercredi 12 mars 2008

Musique # Politique

Je suis allée sur la page Last de Carla Bruni (par page Last, entendre Last.fm, site consacré à la musique, source inépuisable d'infos et d'échanges) et là j'ai été atterrée par les messages laissés par certains auditeurs.

Evidemment, il y a la bande des spécialistes des raccourcis qui hurlent "faciste" ou "nazi" dès qu'ils entendent un mot plus ou moins lié à Sarbozy.
Et puis il y a les influençables, les faibles, les mous du ciboulo qui suivent en en rajoutant une couche.

L'appréciation de la musique est subjective, donc c'est pas la peine d'écrire "si tu connais pas grand chose en musique c'est normal que tu trouve (sic) ca bon (sic)", comme Akira067 qui durant la campagne présidentielle avait déjà fait de l'insulte gratuite son sport favori avec ses copains de la page anti-sarko.

Je n'apprécie pas Sarkozy mais il ne faut pas tout mélanger. Si je fais abstraction de l'image narcissique de son épouse et que j'écoute son premier album, je trouve ses chansons excellentes. Evidemment, y a une partie de moi que ça embête un peu mais je ne vais pas m'empêcher d'écouter ce que je considère comme de la bonne musique parce qu'une cruche a épousé un instable qui exerce la plus haute fonction de l'Etat.

Et puis rien que pour les insultes gratuites, sexistes, machistes et forcément à caractère sexuel qu'elle essuie sur la page Last, j'ai encore plus envie d'écouter ses chansons.
Il est insupportable de constater qu'en 2008, une femme peut encore essuyer ce genre de commentaires (je cite "la pute du président") parce qu'elle a fait des choix dans sa vie personnelle qui ne nous regarde en rien.
Surtout que Last est un site consacré à la MUSIQUE et non à la POLITIQUE.

Vote dévouée, dégoutée.

dimanche 9 mars 2008

Des messages étranges au milieu de la foule

Vendredi après-midi, après une semaine de révisions et de concours blanc, je suis passée à la gare. Il faut comprendre que la gare de ma ville est particulière: elle ressemble à ces lieux lisses et sans vie des films de science-fiction : devant l'entrée, il y a une immense esplanade nue, avec des dalles beiges régulières et propres. Pas un arbre, pas une fleur, pas un banc, rien qui puisse susciter l'envie de s'y arrêter, même pour le voyageur fatigué. Et vendredi après-midi, cette place était bondée de gens énervés avec des valises pleines à craquer, sauf à un endroit où un panneau publicitaire se dressait, grand et droit comme la justice, une sorte d'avertissement en lettres fluorescentes orange sur un fond noir. Il était écrit : "parfois, il est plus facile de nourrir ses angoisses que ses enfants." Et ça m'a parut bizarre comme message, surtout que tout le monde lui tournait le dos et puis ses lettres orange, violentes, au moins aussi violentes que le contenu du message lui-même.

Je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser à un jour à Londres, où au milieu d'une foule compacte, se tenait un vieil homme immobile, si immobile qu'on aurait dit une statue. Il tenait fermement d'une main une pancarte aussi grande que lui sur laquelle était inscrit : "Jesus is not dead" et les gens faisaient un détour d'un mètre pour le contourner, malgré le monde et la bousculade.

Bon. Y a pas de chute à mon histoire. Si on a plus le droit de faire des posts sans queue ni tête!

Votre dévouée, maîtresse absolue de son blog.

Edit du lendemain:

Alors évidemment, on me dit que ce type de panneaux du secours populaire fleurissent un peu partout, donc mon message est d'un intérêt plus limité. Tout cela était imprévisible.
J'ai un peu envie de crier au complot.