Bon alors faut quand même que je narre le grand moment de solitude et la journée où j'ai probablement eu le plus de cran dans toute mon existence. "ça fait un peu beaucoup tout de même" allez-vous vous exclamer!
Non, je ne dis que l'humble vérité.
Qui a suivi mes aventures, sait que je passais un de ces concours qu'on prépare en un an en se rongeant les ongles et en apprenant des classeurs entiers remplis de données collectées dans d'obscures revues qu'on ne trouve que dans des rayons spécialisés de bibliothèques n'usurpant pas leurs noms.
Donc voilà, j'ai passé des oraux (3 en une journée parce que c'est plus fun quand on finit la journée sur les rotules en dissertant dans la langue de Shakespeare sur l'idée saugrenue de filmer des procès), puis j'ai passé un GRRRRRRand Oral. Rien que le nom, j'avais les boules, par anticipation.
La veille, je me suis dit : "ma fille, t'es fichue, de toute façon l'économie s'écroule et on va tous mourir, mais en plus tu vas te taper la honte devant une assemblée de professionnels".
J'ai eu le sujet et le vide s'est installé dans mon esprit. Enorme, gigantesque, envahissant moment de solitude. C'était un sujet sous forme de question (une question que je m'étais jamais posée), et qui balayait un programme entier de 5 ans d'université, et encore ! si j'avais suivi toutes les options possibles existantes sur terre.
Je ne vous le dis même pas ce sujet, c'est un cauchemare.
Heureusement, y avait eu les mots de Bien-Aimé sur le chemin pour aller à l'épreuve : rester calme, essayer de chercher quelque chose pouvant se rattacher au sujet, prendre le temps de réfléchir.
Reste que la prestation ne fut guère brillante mais a priori, ça a suffit. J'avais l'impression d'être dans un canot pneumatique avec un trou dans lequel il fallait que je souffle pour pas couler tout en ayant l'air de participer activement à une réunion mondaine.
Votre dévouée, de retour.
Post Scriptum : merci aux 2 personnes qui souhaitent devenir mes esclaves personnels, je mesure l'ampleur du sacrifice, et je vous remercie avec toute la sincérité dont je peux faire preuve en ces troubles circonstances. Pour Les 6 qui m'offrent l'espoir, ça a le mérite d'être noble. Pour l'unique personne qui souhaite m'offrir un gros chèque : sachez que je ne suis pas dupe! Je vais demander des renseignements à la Banque de France et en attendant, comme dirait Zaz, je fais un tour sur moi-même et jette une huitre sur un aveugle (Kamoulox's blague).
Tchuss.
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vendredi 10 octobre 2008
vendredi 12 septembre 2008
L'avenir sourit aux audacieux.

Bon voilà j'ai juré que j'en parlerai pas, mais c'est lundi et là, j'ai la "trouille" comme disait l'horrible chirurgien qui un jour m'avait secoué mon bras mort.
Il avait beuglé : "C'est pas cassé ! c'est juste la trouille!". Connard. Six mois après j'ai encore mal de temps en temps, la faute à un méga-gigantesque hématome interne qui partait de mon avant-bras jusqu'à je sais plus où.
Bref. J'ai la trouille. Vous allez me dire, y a pire dans la vie (quoi que la plupart d'entre vous, vous ne savez pas de quoi je parle, c'est normal), oui mais bon, quand même. Si jamais... hein, je vais faire quoi de ma vie professionnelle?
Restons calme, plusieurs choix s'offrent à moi :
1) Faire une thèse sur le procès pénal dans la société yéménite du 18eme siècle.
2) Me vautrer dans un canapé pour le reste de mes jours, avec des bouteilles de Macvin (mon péché mignon) et tous les bouquins pour filles existant sur la terre.
J'aurai plus qu'à sombrer dans un romantisme teinté d'alcool qui m'abrutira et me déconnectera de la société qui d'ailleurs économiquement, va mal. C'est pas moi qui le dit, c'est Canal.
3) Passer des concours administratifs.
J'en ris d'avance. Je vois déjà la cage à lapin qui me servira de bureau, dans un immense complexe bétonné des années 70, au 10ème étage avec une fenêtre qui ne s'ouvre pas. Mes collègues me détesteront car je refuserai d'aller à leurs séances de Karaoké le samedi soir et je mangerai seule à la cantine, des épinards surgelés.
Oui, j'en fais trop. Je ferais mieux d'aller me faire un petit cas pratique.
Votre dévouée, qui pense sérieusement à demander une contribution financière à ses lecteurs afin de financer son train de vie et ses paires de chaussures.
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Fac,
Raleries incessantes et découragement
lundi 16 juin 2008
L'ami Wiki

Ahlala Wikipédia, (et internet d'une manière générale), quel outil fantastique !
A une semaine de l'épreuve blanche tu te demandes si le droit au logement peut véritablement être opposable? Si dans d'autres pays européens il y a des dispositions similaires? Vas voir l'ami Wiki, il a réponse à tout.
Tu cherches quels pays européens ont légalisé le mariage homo? quel est le statut de l'embryon? où l'IVG n'est-elle pas autorisée? que va-t-il advenir du Traité de Lisbonne? Quels sont les membres du Conseil Constitutionnel? Vas donc faire un tour chez Wiki!
Evidemment, il faut avoir confiance, vu que le principe est la formation d'un gigantesque dictionnaire mondial sur tout et n'importe quoi à partir des contributions de chacun.
Heureusement, les blagues portent généralement sur les articles relatifs à des célébrités (cf affaire Philippe Manoeuvre) plutôt que sur l'application de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme par la Cour du même nom. De plus, des âmes bienveillantes corrigent souvent les erreurs volontaires ou involontaires.
Donc Wiki, n'est certes pas un moyen de communication de l'information infaillible, qui va remplacer dicos et gros bouquins, mais ça peut donner des pistes de réflexion. Surtout quand sont retranscrit dans l'article les éléments de débats sur des questions politiques et/ou sociétales.
Votre charmante rédactrice de blog, prête à vendre son sac lancel au diable pour réussir son concours (c'est dire sa motivation!).
*** faut que j'arrête de parler de moi à la troisième personne ***
samedi 17 mai 2008
Lettre ouverte aux copines
J'ai des copines. Je veux dire : j'ai des vraies copines, des filles qui m'envoient des mails pour souhaiter bon courage avant le concours blanc, des filles sur qui je peux compter, avec qui il est agréable de passer une soirée, qui ont de l'humour, de la répartie, des centres d'intérêts proches de miens et ça me fait bizarre tout d'un coup. Juste après le lycée, la fac m'avait déboussolée : j'avais "perdu" les inséparables Clo et Paulo partis suivre leurs voies et je m'étais retrouvée dans un amphi de centaines de personnes, et j'avais eu le malheur de trouver à côté de moi la personnification de l'hypocrisie. Mauvaise pioche.
Et puis l'année d'après, il y a eu Mélie Mélo : le coup de foudre. La fille qui ose tout, au style subjugant, la fille à qui tout va de toute façon, qui a la répartie cinglante et la boutade facile.
Il y avait Cap, le cerveau de l'organisation, celle qui faisait ses TD et qui suivait en cours. Cap et le rose, tout une histoire.
Puis, il y a eu Aurélia et Sandrine. Sandrine que j'ai redécouvert l'année dernière, l'organisée, la fille qui sait où on a cours, où on va, qui on est. En plus d'être le repère de tous dans la jungle universitaire, Sandrine est la Gentillesse; vous savez, ce truc que tout le monde oublie : à mi-chemin entre la politesse et le respect de l'autre. Je crois que de ma vie, j'ai jamais vu une personne aussi gentille. On galvaude trop ce trait de caractère mais c'est un des plus importants, il rend la vie plus belle.
Grâce à Amélie, j'ai aussi découvert Zébulodie, celle qui veut être maître du monde plus tard, celle qui, sur une photo, lance un regard aguicheur à son code civil, et qui aura une statue à son effigie dans la ville. C'est une question de jours.
( D'ailleurs, Zébulodie, si tu lis ceci, je sais même pas si l'opération semoule va aboutir, l'agent X semble avoir du mal à communiquer, autant à moi qu'à toi, j'espère toutefois qu'il te sollicitera comme promis).
Il y a aussi MF-la-plus-belle, toujours tirée à quatre épingles, la princesse du M2; Bé, celle qui a la chance d'avoir pour frère le type le plus drôle du monde après Bien-Aimé; Marie, la musicienne, avec toujours des récits à narrer autour d'un verre.
Isabelle, dont je n'oublierai jamais la générosité, chez qui on finit toujours par se retrouver, parce qu'on s'y sent bien, parce qu'elle prend soin de nous. Isabelle qui fait des gougères au fromage à damner un saint, et ça, à déguster sur son canapé moelleux, en parlant de tout et de rien, c'est du bonheur.
Mais il y a aussi quelqu'un qui n'entre pas dans la catégorie "copines" : Gary. Celui qui rend cette année supportable, autoproclamé superman, le seul étudiant féru de philosophie du droit, le type dont je ne comprendrai jamais la logique : faire un M1 après un M2 en même temps que l'IEJ...
En cette fin d'année universitaire, alors que certains ont réussi leurs concours, que d'autres continuent leurs thèses, que d'autres sont toujours en révisions, alors que chacun va partir vers de loins horizons à la recherche de la gloire, laissez-moi vous dire un mot, un seul, qui vient du coeur : merci.
Votre dévouée.
Et puis l'année d'après, il y a eu Mélie Mélo : le coup de foudre. La fille qui ose tout, au style subjugant, la fille à qui tout va de toute façon, qui a la répartie cinglante et la boutade facile.
Il y avait Cap, le cerveau de l'organisation, celle qui faisait ses TD et qui suivait en cours. Cap et le rose, tout une histoire.
Puis, il y a eu Aurélia et Sandrine. Sandrine que j'ai redécouvert l'année dernière, l'organisée, la fille qui sait où on a cours, où on va, qui on est. En plus d'être le repère de tous dans la jungle universitaire, Sandrine est la Gentillesse; vous savez, ce truc que tout le monde oublie : à mi-chemin entre la politesse et le respect de l'autre. Je crois que de ma vie, j'ai jamais vu une personne aussi gentille. On galvaude trop ce trait de caractère mais c'est un des plus importants, il rend la vie plus belle.
Grâce à Amélie, j'ai aussi découvert Zébulodie, celle qui veut être maître du monde plus tard, celle qui, sur une photo, lance un regard aguicheur à son code civil, et qui aura une statue à son effigie dans la ville. C'est une question de jours.
( D'ailleurs, Zébulodie, si tu lis ceci, je sais même pas si l'opération semoule va aboutir, l'agent X semble avoir du mal à communiquer, autant à moi qu'à toi, j'espère toutefois qu'il te sollicitera comme promis).
Il y a aussi MF-la-plus-belle, toujours tirée à quatre épingles, la princesse du M2; Bé, celle qui a la chance d'avoir pour frère le type le plus drôle du monde après Bien-Aimé; Marie, la musicienne, avec toujours des récits à narrer autour d'un verre.
Isabelle, dont je n'oublierai jamais la générosité, chez qui on finit toujours par se retrouver, parce qu'on s'y sent bien, parce qu'elle prend soin de nous. Isabelle qui fait des gougères au fromage à damner un saint, et ça, à déguster sur son canapé moelleux, en parlant de tout et de rien, c'est du bonheur.
Mais il y a aussi quelqu'un qui n'entre pas dans la catégorie "copines" : Gary. Celui qui rend cette année supportable, autoproclamé superman, le seul étudiant féru de philosophie du droit, le type dont je ne comprendrai jamais la logique : faire un M1 après un M2 en même temps que l'IEJ...
En cette fin d'année universitaire, alors que certains ont réussi leurs concours, que d'autres continuent leurs thèses, que d'autres sont toujours en révisions, alors que chacun va partir vers de loins horizons à la recherche de la gloire, laissez-moi vous dire un mot, un seul, qui vient du coeur : merci.
Votre dévouée.
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Lettres ouvertes
mardi 20 novembre 2007
Raccourcis, comparaisons douteuses et pourcentages hallucinants
Wha alors là, je suis très impressionnée, et pas par des bloqueurs, par un monsieur "René Sylvestre" qui intervenait en direct dans l'émission "C dans l'air" ce soir sur la 5.
Ce type a sorti de son chapeau une pensée et des pourcentages (!) extraodinaires: en réponse au président d'une université parisienne qui disait que 75% des étudiants de sa fac étaient opposés au blocage, M. Sylvestre (prenez conscience de l'effort démesuré que je fais pour rester polie), balance que: ahaha ça veut rien dire ça, si on avait fait un sondage lors du débarquement de Normandie, 98% des français auraient été pétinistes.
Texto.
J'ai été bouche bée. Et d'autant plus bouche bée que sur le plateau, personne n'a relevé ni la comparaison stupide, insultante, outrageante et dangereuse, ni ce pourcentage abracadabrantesque.
Mais diable, dieu et je ne sais qui, qu'est-ce que c'est que cette histoire? Qu'est-ce qu'il voulait dire par là? Que les étudiants opposés au blocage sont les pétinistes du passé? Que les historiens se sont trompés et qu'en fait il y avait 98% de pétinistes?
Qu'est-ce que c'est que cette comparaison? C'est le même style que "sarko facho, on aura tous ta peau". Comprend pas. De la part de quelques types surexités en philosophie orientale du XIXeme siècle, ça laisse interrogatif. De la part du patron du magazine "L'Etudiant" qui fait quand même référence, c'est beaucoup plus grave. Pourquoi? Parce que c'est un homme qui a une influence (invité dans des émissions pas trop connes), qui est le patron d'un magazine très consulté par les étudiants, parce que, de part sa position sociale, il est écouté. Et s'il est écouté comme il l'a été sur le plateau de "C dans l'air", sans aucune voix contraire, sans que personne ne s'interroge sur le sens de sa comparaison et sur ses pourcentages hallucinants, va falloir se faire du souci.
Il n'y a plus qu'à espérer que ce n'était pas ce qu'il voulait dire et que sous l'émotion du direct il a sorti ça sans se rendre compte de sa bêtise et de sa dangerosité. Ou alors j'ai rien/mal compris et alors, je veux bien qu'on m'explique.
Votre dévouée.
Ce type a sorti de son chapeau une pensée et des pourcentages (!) extraodinaires: en réponse au président d'une université parisienne qui disait que 75% des étudiants de sa fac étaient opposés au blocage, M. Sylvestre (prenez conscience de l'effort démesuré que je fais pour rester polie), balance que: ahaha ça veut rien dire ça, si on avait fait un sondage lors du débarquement de Normandie, 98% des français auraient été pétinistes.
Texto.
J'ai été bouche bée. Et d'autant plus bouche bée que sur le plateau, personne n'a relevé ni la comparaison stupide, insultante, outrageante et dangereuse, ni ce pourcentage abracadabrantesque.
Mais diable, dieu et je ne sais qui, qu'est-ce que c'est que cette histoire? Qu'est-ce qu'il voulait dire par là? Que les étudiants opposés au blocage sont les pétinistes du passé? Que les historiens se sont trompés et qu'en fait il y avait 98% de pétinistes?
Qu'est-ce que c'est que cette comparaison? C'est le même style que "sarko facho, on aura tous ta peau". Comprend pas. De la part de quelques types surexités en philosophie orientale du XIXeme siècle, ça laisse interrogatif. De la part du patron du magazine "L'Etudiant" qui fait quand même référence, c'est beaucoup plus grave. Pourquoi? Parce que c'est un homme qui a une influence (invité dans des émissions pas trop connes), qui est le patron d'un magazine très consulté par les étudiants, parce que, de part sa position sociale, il est écouté. Et s'il est écouté comme il l'a été sur le plateau de "C dans l'air", sans aucune voix contraire, sans que personne ne s'interroge sur le sens de sa comparaison et sur ses pourcentages hallucinants, va falloir se faire du souci.
Il n'y a plus qu'à espérer que ce n'était pas ce qu'il voulait dire et que sous l'émotion du direct il a sorti ça sans se rendre compte de sa bêtise et de sa dangerosité. Ou alors j'ai rien/mal compris et alors, je veux bien qu'on m'explique.
Votre dévouée.
vendredi 31 août 2007
C'est à boire qu'il nous faut
A la fac, ça bosse. On était le 30 août hier, quand fraîchement revenue de 3 jours de promenade, je devais passer impérativement à la BS ("bibliothèque de section" pour les profanes, c'est à dire une bibliothèque plus spécialisée que la BU, bibliothèque universitaire) afin de trouver quelque chose à dire dans mon mémoire. En fait, je cherche les dits documents depuis un mois, et la BS ne réouvrait que le 24 août selon les affiches placardées à la BU.
J'attends donc, avec flegme et circonspection, le 24 août. Jour où on me rétorque que non, la BS n'ouvrira que le lundi suivant, malgré les affiches. Divulgation de fausses informations, ça c'est fait. Je reste calme, je dis merci, je m'en vais pour attendre ailleurs.
Ce jeudi, je repars à l'attaque, dès 9h du matin, frâiche comme une rose. Je trouve porte close dans le batiment central, je marche, contourne, peste encore et retrouve porte close à une autre entrée. Je me penche à travers la vitre (de la porte) et remarque que la porte de la BS est, elle, ouverte et que la lumière est allumée.
Donc, résumons: un mois que je patiente et ils ont enfin ouvert la BS mais fermé les portes du batiment qui l'abrite. Ce serait drôle si j'avais pas un mémoire à rendre pour dans 2 semaines.
En fait, c'était drôle quand même, parce que je suis bon public.
Je suis allée à la BU et j'ai demandé pourquoi diable cette situation ubuesque? Ce à quoi la charmante documentaliste me répond: "ben elle est fermée la BS".
Depuis 5 ans que je perds mon temps ici, j'ai appris à garder mon calme.
Je lui décroche un brin nerveusement son affiche à la con, et lui dit que non, la BS est administrativement ouverte depuis le 24 et que de toute façon j'ai vu la porte ouverte.
Elle ne comprend pas la situation. Je me demande furtivement si je dois sortir une feuille et un crayon pour lui dessiner mon problème, mais je n'ai pas de feuille.
Finalement, elle prend son téléphone et appelle sa collègue qui lui explique que oui, la BS est ouverte mais ils ont bloqué la porte du batiment avec un caillou.
Non, ne me demandez pas pourquoi, j'en sais rien. Je ne préfère pas savoir en fait.
Du coup, je vais mettre fin à suspens insoutenable: j'ai pu entrer dans la BS submergée de piles de revues reçues pendant les vacances. Deux heures plus tard, quand je suis partie, rien n'avait bougé puisque le personnel discutait vacances, soleil et cocotier dans le local des ordinateurs.
Bon. Dans un an, je suis partie. Il me reste un an. Pourvu qu'il ne me reste qu'un an. Pitié.
Votre dévouée, dont la main est soudée à son front.
J'attends donc, avec flegme et circonspection, le 24 août. Jour où on me rétorque que non, la BS n'ouvrira que le lundi suivant, malgré les affiches. Divulgation de fausses informations, ça c'est fait. Je reste calme, je dis merci, je m'en vais pour attendre ailleurs.
Ce jeudi, je repars à l'attaque, dès 9h du matin, frâiche comme une rose. Je trouve porte close dans le batiment central, je marche, contourne, peste encore et retrouve porte close à une autre entrée. Je me penche à travers la vitre (de la porte) et remarque que la porte de la BS est, elle, ouverte et que la lumière est allumée.
Donc, résumons: un mois que je patiente et ils ont enfin ouvert la BS mais fermé les portes du batiment qui l'abrite. Ce serait drôle si j'avais pas un mémoire à rendre pour dans 2 semaines.
En fait, c'était drôle quand même, parce que je suis bon public.
Je suis allée à la BU et j'ai demandé pourquoi diable cette situation ubuesque? Ce à quoi la charmante documentaliste me répond: "ben elle est fermée la BS".
Depuis 5 ans que je perds mon temps ici, j'ai appris à garder mon calme.
Je lui décroche un brin nerveusement son affiche à la con, et lui dit que non, la BS est administrativement ouverte depuis le 24 et que de toute façon j'ai vu la porte ouverte.
Elle ne comprend pas la situation. Je me demande furtivement si je dois sortir une feuille et un crayon pour lui dessiner mon problème, mais je n'ai pas de feuille.
Finalement, elle prend son téléphone et appelle sa collègue qui lui explique que oui, la BS est ouverte mais ils ont bloqué la porte du batiment avec un caillou.
Non, ne me demandez pas pourquoi, j'en sais rien. Je ne préfère pas savoir en fait.
Du coup, je vais mettre fin à suspens insoutenable: j'ai pu entrer dans la BS submergée de piles de revues reçues pendant les vacances. Deux heures plus tard, quand je suis partie, rien n'avait bougé puisque le personnel discutait vacances, soleil et cocotier dans le local des ordinateurs.
Bon. Dans un an, je suis partie. Il me reste un an. Pourvu qu'il ne me reste qu'un an. Pitié.
Votre dévouée, dont la main est soudée à son front.
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Raleries incessantes et découragement
lundi 2 octobre 2006
Qui a mangé le dossier de M2?

Figurez-vous les p’tits choux que l’administration pénitentiaire de la fac et moi, on a un putain de contentieux: on avait déjà un passé douloureux puisque l’année dernière la charmante secrétaire qui tape les notes avait oublié de mettre le 1 devant le 5 de ma note de DPE… (on applaudit).
Aujourd’hui, j’allais, gaie et mignonne écolière, chercher ma carte d’étudiante, qui permet notamment d’emprunter des bouquins et d’avoir des réducs sncf et ciné, quand on m’apprend que mon dossier est introuvable!
ahahahah, la bonne blague. Mon chèque est débité (400 euros), mon inscription informatique enregistrée mais point de dossier. Point. Où diable comment se fait-ce? Me demande une secrétaire, à moi, qui suis la victime dans l’histoire.
On me questionne, on me soupçonne d’avoir mangé mon dossier pour nuire à l’administration, anarchiiiiiste!
Résumons la situation: j’ai fourni toutes les pièces justificatives à mon inscription et notamment des dossiers très personnels tels que mes résultats scolaires depuis la 1ere année et un chèque encaissé deux jours après le dépot.
Trois fonctionnaires cherchent mon dossier pendant 1h30, parfois sous le bureau (?) ou dans d’obscures recoins de salles interdites au public. En vain.
Mon dossier aurait-il servi à faire un petit feu un soir de fraicheur? Morte de rire, hein? Du rire jaune.
Je sais rien: rien sur l’endroit où se trouve mon dossier d’inscription, rien sur la rentrée, rien sur l’emploi du temps, rien sur le fonctionnement des mémoires, rien, rien, rien. Lalala.
Du coup, j’vais avoir une dent contre le fonctionnaire de fac d’une manière générale, vous le comprendrez bien. J’vais devenir asocial comme Grégori Perelman, le géni en moins. J’vais creuser ma caverne avec une pelle et n’être relié au monde extérieur que par internet.
Votre dévouée, qui ne le sera plus. Qui ne le sera plus avec personne.
jeudi 13 juillet 2006
VACANCES !
C’est les vacances, enfin!
Plus de réveil qui sonne à 7h du matin, plus de petit déjeuner englouti avec un seul oeil ouvert, plus de trajet à faire avec mon lourd ordi, plus de dossiers à décortiquer, plus d’ordres à exécuter, plus d’obligations… rien que des siestes, du jus d’orange, des bouquins et des films. Le Bonheur!
Plus de réveil qui sonne à 7h du matin, plus de petit déjeuner englouti avec un seul oeil ouvert, plus de trajet à faire avec mon lourd ordi, plus de dossiers à décortiquer, plus d’ordres à exécuter, plus d’obligations… rien que des siestes, du jus d’orange, des bouquins et des films. Le Bonheur!
dimanche 2 juillet 2006
Et sonne l'heure du glas

L’étudiant, négligé par essence, voit chaque année de sa vie marquée par un rituel: la connaissance de ses résultats. Tapis derrière ses certitudes (et ses incertitudes), il guette le moment propice pour s’avancer avec une feinte désinvolture vers le panneau d’affichage ou l’écran d’ordinateur qui lui octroira satisfaction ou désespoir.
Parfois, soudain effrayé par la perspective de finir seul, abandonné de tous car marqué par l’echec, il renonce et court en sens inverse du panneau d’affichage pour montrer que de toute façon, les résultats, on s’en balance. Parfois il rajoute “merde", s’il est énervé.
Mais l’étudiant revient toujours, perpétuellement attiré par ce qui lui ouvrira (ou non) une porte vers l’avenir lointain, et finit par chercher frénétiquement son nom dans les listes, le coeur battant à toute allure, la sueur au front. Et puis là, devant ses yeux, au dessus de son doigt tremblant, un nom, le sien, un nombre à côté, la joie ou la tristesse mais le soulagement de savoir.
Après seulement, il regarde les résultats des autres, un peu voyeur, en se réjouissant des bonnes notes des uns mais pas des mauvaises des autres, parce que l’étudiant croit être religieux, comme notre siècle (c’est Malraux qui l’a dit).
Alors il s’en va, deshydraté sous un soleil de plomb, avec le sentiment d’exister, pour la bête raison qu’il a son nom inscrit sur des registres officiels.
Gamin, va.
Votre dévouée, diplomée, qui va immigrer en Suède ou en Norvège, là où les gens trouvent que c’est l’été quand il fait 20 degrés à midi.
mardi 9 mai 2006
Je suis Alice au Pays des Merveilles

Qu’est-ce qu’on fait comme métier quand rien ne parait intéressant? Moi je voulais être zorro avec en plus des supers pouvoirs, j’aurais voulu imposer le respect aux puissants d’un seul regard, comprendre tout et tout de suite, trouver des solutions à tous les problèmes grâce à mon intelligence hors du commun et à ma fortune au moins 10 fois plus grande que celle du comte de monte christo. Malheureusement, Dame Nature en a décidé autrement et je vais bientôt me retrouver à la fin de mon cursus avec un joli diplome universitaire et pas de boulot. Des concours à passer pour se retrouver larbin du jeune énarque égocentrique, écartetée entre les rivalités professionnelles incessantes? Passer le concours d’avocat sans passion de la matière, parcelle d’un univers sans joie où tout va toujours mal. Continuer en doctorat et reculer pour mieux sauter.
Le voilà le dilemne de notre société: balancez des pions dans un batiment mussolinien, laissez macérer quelques années en leur bourrant le crâne de données et finissez par ouvrir la porte de sortie. Sur rien. Ou plutôt sur tout: un monde auquel on n’a pas été préparé, nous les adeptes de théories fumeuses et ancestrales. Un monde du travail exigeant et impitoyable qui nous étonne et nous angoisse. Le chemin de croix pour trouver sa place là-bas!
Et tout ça m’attend, comme des centaines d’autres: on regarde la fin de notre cursus en se rongeant les ongles. Rares sont ceux qui ont de véritables projets, rares sont ceux qui suivent une route goudronnée, bien propre et bien tracée. Et la fac, les profs, le sio, tous nous regardent nous vautrer dans une incertitude décourageante avec compassion ou amusement.
Heureux celui qui sait ce qu’il veut et où il va.
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