vendredi 17 octobre 2008

Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle

Hier, j'ai vu un reportage sidérant sur des filles de 28 ans qui se faisaient injecter du botox ou qui dépensaient 165 euros en produits "anti-rides".

Vieillir, c'est un problème pour tout le monde, après on vieillit tellement qu'on meurt, qu'on nous enterre dans un trou avec un nom dessus et un jour le temps aura effacé le nom, il n'y aura plus rien dans le trou, plus personne qui se souviendra de nous, et tout ceci est cauchemardesque.
C'est d'ailleurs pour ça que j'ai 17 ans, je viens de réussir mon bac, c'était génial.

Le second problème (à part celui - de taille - de mourir un jour), c'est que les magazines féminins ne montrent jamais de femmes avec des rides. Même Nathalie Baye (une des plus belles actrices de sa génération) a un visage lisse de poupon dans les pages glacées de "Elle".
Hé Bien-Aimé, je te somme d'arrêter de t'esclaffer car je ne me suis pas réabonnée. Non mais.

Il n'y a pas de nuances en fait : c'est ou Nathalie Baye, ou Claudia Cardinale (aaaaaaaaahhhhhhh). Bon, il faut accepter de vieillir mais il y a quand même des limites : CC, par exemple, devrait éviter de se maquiller comme le Joker, parce qu'après on va dire aux enfants : "si tu manges pas ta soupe, CC va venir te chercher!".
Pff jdis n'importe quoi, j'ai le droit, c'est ma semaine de repos après 2 ans sans vacances.

Non mais, comprenez donc mon propos, chers lecteurs : se faire botoxer à 28 ans pour ressembler aux filles des magazines retouchées par Photoshop, c'est ridicule. Se faire botoxer pour avoir l'impression de reculer face à une échéance certaine et morbide, c'est moins ridicule mais c'est un leurre.

Se mettre des crèmes vers la cinquantaine pour éviter de ressembler au Joker, oui d'accord. Une petite intervention toute en discrétion oui hein, pourquoi pas, faut pas être sectaire non plus, mais il faut raison garder. A 28 ans, attendez je vérifie sur ma carte d'identité : oui, ce serait comme si dans 4 ans, j'étais vieille !
-> rire incrédule.
Non. Non, de toute façon j'ai 17 ans donc tout va bien. Lalala.

Vous savez de qui c'est la faute tout ça? A part la faute de la mort et des magasines? C'est la faute des hommes ! (J'entends déjà les cris d'indignation de la gente masculine)

Un jour, lors d'un interview, un excellent acteur français est descendu d'un coup dans mon estime, il s'est écrasé à - 50 points pour une phrase pronconcée d'un air satisfait : il retrouvait sa seconde jeunesse depuis qu'il était avec une fille de 20 ans de moins que lui, et qu'il comprenait maintenant pourquoi ses potes le poussait à prendre une jeune maîtresse.
Et dire que c'est un des acteurs les plus talentueux de son époque, c'est déprimant de voir que l'homme, derrière l'acteur, peut se révéler être une sombre ordure.

La société fabrique des névrosé(e)s, c'est pas nouveau. D'ailleurs je mets une part de responsabilité sur le dos des hommes mais à mon avis, c'est en train de se retourner contre eux vu l'explosion des ventes d'anti-rides pour hommes et des fréquentations dans les centres de beauté.

Bon, voilà, ça change de parler du KRASH-BOURSIER-COMME-EN-29 qui, selon les médias depuis quelques semaines, dirige la terre vers un trou noir.
On finira sur la route (attention, référence littéraire ;) n'est-ce pas Sandrine).


Mince, mon post est affreux. C'est parce que cette nuit j'ai fait un des cauchemars les plus horribles de toute ma vie (et Dieu sait que les cauchemars, ça a longtemps été ma spécialité, avec le muffin à la cannelle).

Sur ces bonnes paroles bien réconfortantes, bonne journée.

VD.
V. comme Vendetta !

mardi 14 octobre 2008

La SNCF et ses bornes damnées

Je suis tributaire de la SNCF sur les longues distances, tout simplement parce que soit disant que je prenais les virages sur deux roues en voiture ! N'importe quoi, je maîtrisais parfaitement la situation : je pouvais même prendre les virages sur deux rouges, avec une main sur le volant et une autre me massant la nuque ! C'est dire ma dextérité.

Malheureusement, ils n'ont pas voulu me donner mon permis (ça fait de cela quelques années), les couards!
Bref, vexée, je prends le train.

J'aime bien sauf quand il y a des gens qui sentent mauvais ou qui s'endorment sur mon épaule. Ou quand il y a des jeunes gens qui mettent de la tecktonik au volume maximum. Ou quand il y a des gens qui racontent leur vie intime au téléphone (Nooooon je ne veux pas savoir si elle porte une petite culotte!). Ou quand des profs corrigent leurs copies et les étalent partout, même sur mon emplacement à moi, sous principe qu'ils ont du travail et que ça me dérange pas. Hein, ça ne vous dérange pas mademoiselle? Ben non voyons, je ne voudrais pas m'opposer au dur labeur d'un honnête dispenseur de savoir.

La SNCF a mis en place des guichets aux horaires réduits de façon assez ubuesques : genre 10h05 - 11h50 / 14h30 - 15h55. MAIS la SNCF a aussi installé des bornes. Youpi.

Vous savez, ces bornes jaunes qui pullulent dans les gares : c'est pratique, et puis depuis le temps, on a pris l'habitude de parler aux machines. Moi-même, il m'arrive de les supplier d'arrêter d'émettre un bip sonore retentissant dans toute la gare quand je dois composer mon code bancaire!

Dimanche, entre deux muffins et trois épisodes de séries télé, je suis allée jusqu'à la gare pour changer mon billet TGV, par pure convenance personnelle.

J'insère mon billet, je clique sur "échange", ça me valide l'opération, je trouve ça fantastique, je me délecte des nouvelles technologies et admire l'architecture de la gare en sifflotant, lorsqu'apparaît sur l'écran un message aussi étrange qu'inattendu : "erreur imprimante, veuillez vous rendre au guichet avec le reçu suivant".

Ce qui était drôle, c'est qu'il n'y avait pas de guichet TGV ouvert, ni de reçu émis. Ni de billet TGV d'ailleurs. J'ai donc couru jusqu'au guichet "billets Ile de France" et la seule chose qui est sortie de ma bouche stupéfaite est : " oh, la machine a mangé mon billet !". Le type a entrouvert les yeux en etouffant un baillement et s'est levé de sa chaise.

S'en est suivi une heure de démontage de la machine, farfouillage dans l'imprimante, jusqu'à ce qu'une dame de la SNCF qui restait les mains sur les hanches à regarder son collègue bricoler, se tourne vers moi pour me dire d'un air courroucé : "ah non mais franchement, ces gens qui utilisent les bornes SNCF et qui se plaignent après que ça marche pas ! Vous auriez été au guichet, on vous l'aurait fait votre échange!".

J'avoue, je me suis énervée. Une vague de colère et d'indignation est montée en moi contre cette femme incompétente et arrogante qui ne fout rien de sa journée (vu que la gare était en travaux et qu'aucun train ne circulait, il n'y avait personne à qui donner des renseignements), et qui venait me dire, à moi, cliente de la SNCF, que j'étais en tord parce que j'avais utilisé une borne de la SNCF !

Je crois qu'on a atteint le fond de la bêtise humaine. Je lui ai crié dessus que j'étais dans mon droit d'utiliser une machine SNCF - TGV d'autant plus que je n'avais pas le choix vu que le guichet TGV était fermé et que si je m'étais présentée au guichet Ile de France, elle m'aurait envoyée bouler.

Mais surtout, la SNCF est responsable du bon fonctionnement de ses bornes : elle laisse le choix au client entre borne et guichet (et pas le choix quand il n'y a pas de guichet ouvert), c'est à elle d'en assumer les conséquences. Pas à moi.

Là, elle a fui avec ses petites jambes potelées et son courroux inapproprié.

Le type de la SNCF avait basculé tête la première dans la machine que je bouillais encore d'indignation, les bras croisés et les lèvres pincées.

Finalement, il m'a dit : j'appelle l'autre gare, allez-y, le guichet TGV est ouvert, ils vont vous refaire un billet. Bon. 15 minutes de marche, j'appelle Bien-Aimé, je lui raconte, il rigole (finalement c'est drôle l'idée de dire à un client que les bornes SNCF c'est pas de la responsabilité de la SNCF).

Arrivée à l'autre gare, le guichet TGV était fermé. Une guichetière me dit encore : "ohlala vous avez utilisé une borne?" comme si c'était un truc incroyable qu'ils ne maîtrisaient pas du tout.
J'avais l'impression qu'elle allait me dire : "ohlala les bornes vous savez, on ne sait pas d'où elles viennent, un jour elles sont apparues dans la gare et depuis on n'a que des problèmes, faut pas les utiliser, on ne sait pas qui les a installées".

J'ai même pas crié. Toute la fureur de mon cerveau est descendue dans mes yeux et a crispé mon visage entier. J'ai eu l'impression que les yeux devenaient noirs, comme dans les films de science-fiction. Soudain, un type a jeté une pièce et a balancé à la guichetière (alors que j'étais en grande discussion houleuse avec elle) : "c'est pour faire de la monnaie pour les toilettes!".

Je me suis redressée de toute ma taille (et je fais 1,80 m) et j'ai lentement tourné la tête vers l'insolent. C'était vraiment pas le moment de me doubler et de m'interrompre surtout pour une histoire de vessie. Je n'ai rien dit, il a filé. L'affreuse guichetière a vite arrêté de ricaner avec sa collègue et j'ai demandé à ce qu'elle trouve une solution rapidement.

Elle a marmonné un truc, et a appelé la "responsable", qui est arrivée avec un petit calot bleu perché sur un brushing des années 80, ce qui m'a instantanément déridé.
J'ai dû racheter un billet et je me suis assurée que le billet "avalé" par la Borne-De-La-Mort-Qui-Tue me serait remboursé.

Lundi matin, l'Empereur, sa femme et le P'tit prince, sont venus chez moi, pour me serrer la pince...

Lundi matin donc, à 9h15 précisément, je reviens à la gare et je demande le remboursement de mon billet avalé et vite, parce que j'avais mon TGV à prendre.
Curieusement, les guichetiers du lundi sont plus réceptifs que ceux du dimanche. Plus polis aussi, plus efficaces, plus professionnels. Surtout, ils ne nient pas que les bornes SNCF appartiennent à la SNCF.

Bref, j'ai reçu mon nouveau billet ce matin.
Je retiens quand même la grosse dame avec ses mains sur les hanches : "Vous utilisez une borne SNCF et après vous vous plaignez qu'elle ne fonctionne pas!".
C'est très drôle. Je n'aurai jamais pensé à dire un truc pareil.

C'est comme une banque qui a une borne de retrait automatique : la borne ne vous délivre pas l'argent, vous vous en plaignez au guichetier qui vous répond : "mais mon Dieu, vous avez utilisé une borne, malheureuse? nous on ne répond pas des bornes, on ne les connaît pas, on n'est pas responsable!".

On devrait faire un recueil des répliques cultes des guichetiers de la SNCF.

Votre dévouée, aux yeux noirs de fureur. AHAHAHAHAH -> rire diabolique.

vendredi 10 octobre 2008

Chappatte

La vie est drôle parfois.

Bon alors faut quand même que je narre le grand moment de solitude et la journée où j'ai probablement eu le plus de cran dans toute mon existence. "ça fait un peu beaucoup tout de même" allez-vous vous exclamer!
Non, je ne dis que l'humble vérité.

Qui a suivi mes aventures, sait que je passais un de ces concours qu'on prépare en un an en se rongeant les ongles et en apprenant des classeurs entiers remplis de données collectées dans d'obscures revues qu'on ne trouve que dans des rayons spécialisés de bibliothèques n'usurpant pas leurs noms.

Donc voilà, j'ai passé des oraux (3 en une journée parce que c'est plus fun quand on finit la journée sur les rotules en dissertant dans la langue de Shakespeare sur l'idée saugrenue de filmer des procès), puis j'ai passé un GRRRRRRand Oral. Rien que le nom, j'avais les boules, par anticipation.

La veille, je me suis dit : "ma fille, t'es fichue, de toute façon l'économie s'écroule et on va tous mourir, mais en plus tu vas te taper la honte devant une assemblée de professionnels".

J'ai eu le sujet et le vide s'est installé dans mon esprit. Enorme, gigantesque, envahissant moment de solitude. C'était un sujet sous forme de question (une question que je m'étais jamais posée), et qui balayait un programme entier de 5 ans d'université, et encore ! si j'avais suivi toutes les options possibles existantes sur terre.
Je ne vous le dis même pas ce sujet, c'est un cauchemare.

Heureusement, y avait eu les mots de Bien-Aimé sur le chemin pour aller à l'épreuve : rester calme, essayer de chercher quelque chose pouvant se rattacher au sujet, prendre le temps de réfléchir.
Reste que la prestation ne fut guère brillante mais a priori, ça a suffit. J'avais l'impression d'être dans un canot pneumatique avec un trou dans lequel il fallait que je souffle pour pas couler tout en ayant l'air de participer activement à une réunion mondaine.


Votre dévouée, de retour.

Post Scriptum : merci aux 2 personnes qui souhaitent devenir mes esclaves personnels, je mesure l'ampleur du sacrifice, et je vous remercie avec toute la sincérité dont je peux faire preuve en ces troubles circonstances. Pour Les 6 qui m'offrent l'espoir, ça a le mérite d'être noble. Pour l'unique personne qui souhaite m'offrir un gros chèque : sachez que je ne suis pas dupe! Je vais demander des renseignements à la Banque de France et en attendant, comme dirait Zaz, je fais un tour sur moi-même et jette une huitre sur un aveugle (Kamoulox's blague).

Tchuss.

jeudi 25 septembre 2008

Quelques nouveautés

D'abord, il y a un sondage d'une importance extrême en haut à gauche.

Ensuite, en bas à gauche (de toute façon, il n'y a rien à droite), tout en bas, il y a un truc "s'abonner à". D'après Blogger, c'est un gadget qui permet de voir quand je mets de nouveaux articles en ligne (toutes les heures quoi, surtout en période de concours). Cet instrument est totalement narcissique, je le refuse, mais là c'est juste pour tester si ça marche.

Votre aimable dévouée, au fait des nouvelles technologies.

Apocalypse NOW


Qui a entendu le discours de Bush sur la crise financière américaine doit être aussi abasourdi que moi : ce matin, une partie était retransmis sur la Matinale. En gros, c'est la fin du monde.

Je ne m'y connais pas vraiment en économie, et probablement que la crise est grave en effet et qu'elle est susceptible d'avoir des répercussions dans le monde entier mais là, le discours de Bush était particulièrement alarmiste.
J'avais l'impression qu'il disait : "les femmes et les enfants d'abord".
Le bateau coule, certes, toutefois d'habitude, les politiques évitent de le dire, ils enrobent des approximations de métaphores sur le temps et l'histoire et assurent que la situation est sous contrôle parce qu'ils sont les plus forts.

En fait, le journaliste de Canal a relevé les termes du discours : "catastrophe", "tragique", "dramatique", "licenciements", "ne plus pouvoir payer les employés", "faillites", "panique", "difficultés à obtenir des crédits", "se retrouver à la rue". En gros, retour en 29, voire pire.

Je ne comprends pas trop ce qu'il cherche en prononçant de telles paroles: si c'est la panique, ça va pas tarder. C'est bizarre de vouloir la panique. Vous allez me dire, vaut mieux dire la vérité aux gens.
Dans le cas où ils peuvent se mettre en sécurité oui, comme quand on annonce une épidémie, on prévient la population de la situation en sachant que c'est susceptible de mener à la panique mais au final, c'est parce que la divulgation de l'information permettra de sauver des vies.
Là, les gens ne peuvent rien faire individuellement.
Pourquoi ne pas avoir dit : "la crise est d'une gravité exceptionnelle, l'Etat se charge d'y mettre fin", au lieu de "on va tous crever dans une misère noire, préparez-vous à vous achever à l'aide de vos fusils offerts à l'ouverture de votre compte bancaire!"

Peut-être que toute Vérité est bonne à prendre, cependant il y a une façon de le dire. C'est pas pour rien qu'il y a des personnes spécialisées dans la communication politique, non?

L'économie mondiale est en train de s'effondrer.

...

AAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

VD.

Post scriptum : y a les directeurs des banques privées ayant sombré qui ont reçu un parachute doré de quelques millions de dollars.
L'Homme est une espèce décidément fascinante.

mercredi 24 septembre 2008

Lost in austen

MOUAHHAHAHAHAHAHAH

J'aime les anglais, ils font des super mini-séries en 2 ou 3 épisodes et ils sont aussi obsédés que moi par Jane Austen et les écrivains de l'époque victorienne d'une manière générale.
J'ai découvert une perle aujourd'hui, par le plus grand des hasards, et bien m'en a pris, j'en ris encore.

Lost in Austen, en 4 épisodes. Jane Austen doit se retourner dans sa tombe. Ou alors elle rit en se tenant les côtes, j'hésite encore.
Le scénario est déjà-vu : la transposition d'un personnage moderne dans une époque ancienne. C'est en effet l'histoire d'une londonnienne d'une vingtaine d'années, avec une coupe de cheveux style casque aux reflets rouges, jean slim et blouson de cuir, fan des romans de Jane Austen, affligée d'un copain aussi repoussant que bête, qui un jour (mon dieu que ma phrase est longue) fait un échange avec Elisabeth Bennet matérialisée dans sa baignoire.
Oui, ces anglais sont fous.
Donc en somme, Amanda (la londonnienne) se retrouve au XIXeme siècle, dans la famille d'Elisabeth pendant qu'Elisabeth est à Londres en 2008, dans l'appart d'Amanda.


Hihi. Le truc c'est qu'à partir d'une idée pas vraiment originale, ils ont fait une histoire hilarante : Amanda se retrouve en jean slim chez les Bennet, elle ne sait pas jouer de piano, ni coudre, ni danser, elle fait gaffe sur gaffe, elle boit comme un trou au bal, elle fait des impairs en matière de politesse, elle ne sait pas faire la révérence (elle s'accroupit!), et rien ne se passe comme dans le bouquin, ce qui la désespère.
Jane ne se marie pas avec Bingley, Darcy est insupportable d'arrogance, aggressif voire insultant, Bingley devient alcoolique, Mr Collins est limite psychopathe, Caroline Bingley (j'en ris encore) est lesbienne...etc
Caroline Bingley lesbienne ! Dans le livre, c'est la femme la plus snob qui existe sur terre, la plus attachée aux apparences, la plus choquée au moindre mot de travers.

En fait, l'actrice principale Jemima Rooper (le personnage d'Amanda), est excellente : elle joue avec un naturel désarmant. Elle a une voix légèrement rauque et a une façon de faire enrager Darcy qui ferait pouffer de rire un mort : le pauvre, il finit chacune de ses conversations à moitié hystérique!

Edit du lendemain : le 4eme et dernier épisode est très décevant.

VD.

mardi 23 septembre 2008

Du pain et du bouillon

Parfois, je prends un de mes livres préférés, je l'ouvre à n'importe quelle page et je lis juste le temps de faire une pause dans mes révisions. J'ai ouvert "au bonheur des dames" de Zola aujourd'hui et je suis tombée sur le passage où Denise est dans une misère noire, complètement aveuglée par le désespoir. Denise, c'est une petite vendeuse dans un de ces grands magasins parisiens qui commencent à naître. Elle vient de la province, est petite et maigrichonne, et est devenue le souffre-douleur de ses collègues, simplement parce qu'elle est trop douce pour se battre avec les mêmes armes dégueulasses que les leur. Ils ont fait courrir la rumeur que "Pépé", son petit frère, était son fils et donc qu'elle était une fille perdue, et ça, Denise l'a en travers de la gorge. Elle n'arrive plus à joindre les deux bouts et Pépé est tombé malade.
Elle fond en larmes et à ce moment là, le vieil homme qui lui loue une chambre tape à la porte et lui donne du pain et du bouillon.
Et Zola écrit ça d'une façon bouleversante :

"Ce fut vers les derniers jours de septembre que la jeune fille connut la misère noire. Pépé était tombé malade, un gros rhume inquiétant. Il aurait fallu le nourrir de bouillon et elle n'avait même pas de pain. Un soir que, vaincue, elle sanglotait, dans une de ces débâcles sombres qui jettent les filles au ruisseau ou à la Seine, le vieux Bourras frappa doucement. Il apportait un pain et une boîte à lait plein de bouillon.
Tenez ! voilà pour le petit, dit-il de son air brusque. Ne pleurez pas si fort, ça dérange les locataires.
"

Dans "une vie", Maupassant fait dire à un de ses personnages : "la vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit". Elle pourrait s'appliquer à cette scène, même si Zola n'hésite jamais à suivre ses personnages jusqu'au fond de leur misère, et parfois, à ne pas les faire remonter, comme dans "l'Assomoir".
"Au bonheur des dames" est plus optimiste, c'est peut-être pour ça que c'est mon préféré.

VD.

samedi 20 septembre 2008

Be Happy


Be Happy, c'est le film de Mike Leigh qui est censé rendre heureux le spectateur. Dans une interview, il disait justement au journaliste que son film respirait la joie de vivre. Franchement, l'objectif est loupé.
C'est l'histoire d'une trentenaire, institutrice de son état, qui se force à montrer à tout le monde qu'elle est super heureuse, en en faisant des tonnes et en incitant les autres à l'être.
Les problèmes foisonnent:

1/ Elle fait semblant d'être heureuse. Le réalisateur disait dans l'interview précédemment évoquée que non, elle est réellement heureuse, ce qui me fait conclure que Sally Hawkins joue mal et cette constatation me navre car je l'avais vu dans une adaptation de "Persuasion" pour la BBC et elle était impeccable : un jeu sobre, tout en finesse. Là, on dirait une histérique niaise à l'immaturité frôlant dangereusement l'idiotie. C'est quelque peu agaçant.

2/ Les gens autour d'elle sont malheureux ou simplement, ni heureux ni malheureux. Certains ne se posent même pas la question, comme sa coloc. Et puis ils ne demandent à personne de les aider et tout d'un coup il y a cette fille montée sur ressorts qui arrive, qui les secoue, qui leur fait comprendre qu'ils sont dans un trou sans fond de désespoir et qu'il faut absolument qu'ils remontent la pente pour accéder au bonheur.
D'une part, de quoi se mêle-t-elle la drôlesse, et d'autre part, c'est un peu cruel d'aller remuer le couteau dans la plaie.
J'aurais beaucoup plus aimé un scénario avec quelqu'un qui arrangerait en douce les choses pour rendre les gens plus heureux.

3/ Mon Dieu que de clichés ! Pff, ce serait trop long de tous les énoncer, mais voici quelques échantillons :
- le gamin violent à l'école qui crache le morceau en deux secondes devant l'assistant social : une histoire de reproduction de shéma de violence familale.
- le moniteur de l'auto-école raciste, xénophobe, mysogine, qui carbure à la haine est un des personnages les plus caricaturaux de l'histoire du cinéma. C'était peut-être pour faire rire mais moi je le trouvais super malsain.
- le copain de l'héroïne : elle le rencontre une fois, va boire un verre avec lui et hop empacté c'est pesé, c'est l'homme de sa vie.
... eccetera

LE personnage qui sauve le film et que j'ai envie de serrer dans mes bras tellement elle est formidable : la prof de flamenco qui passe son temps à rouler des yeux féroces en hurlant dans un anglais approximatif avec un accent à couper au couteau.
Elle, elle est géniale.

Bon voilà, en gros c'est dommage quand on a un titre comme "Be happy" et qu'on ressort avec l'impression d'avoir vu un film sur la solitude, sur la quête de bonheur souvent infructueuse, sur l'absence de communication dans la société.


VD, toujours présente.

vendredi 12 septembre 2008

L'avenir sourit aux audacieux.


Bon voilà j'ai juré que j'en parlerai pas, mais c'est lundi et là, j'ai la "trouille" comme disait l'horrible chirurgien qui un jour m'avait secoué mon bras mort.
Il avait beuglé : "C'est pas cassé ! c'est juste la trouille!". Connard. Six mois après j'ai encore mal de temps en temps, la faute à un méga-gigantesque hématome interne qui partait de mon avant-bras jusqu'à je sais plus où.

Bref. J'ai la trouille. Vous allez me dire, y a pire dans la vie (quoi que la plupart d'entre vous, vous ne savez pas de quoi je parle, c'est normal), oui mais bon, quand même. Si jamais... hein, je vais faire quoi de ma vie professionnelle?
Restons calme, plusieurs choix s'offrent à moi :

1) Faire une thèse sur le procès pénal dans la société yéménite du 18eme siècle.

2) Me vautrer dans un canapé pour le reste de mes jours, avec des bouteilles de Macvin (mon péché mignon) et tous les bouquins pour filles existant sur la terre.
J'aurai plus qu'à sombrer dans un romantisme teinté d'alcool qui m'abrutira et me déconnectera de la société qui d'ailleurs économiquement, va mal. C'est pas moi qui le dit, c'est Canal.

3) Passer des concours administratifs.
J'en ris d'avance. Je vois déjà la cage à lapin qui me servira de bureau, dans un immense complexe bétonné des années 70, au 10ème étage avec une fenêtre qui ne s'ouvre pas. Mes collègues me détesteront car je refuserai d'aller à leurs séances de Karaoké le samedi soir et je mangerai seule à la cantine, des épinards surgelés.


Oui, j'en fais trop. Je ferais mieux d'aller me faire un petit cas pratique.

Votre dévouée, qui pense sérieusement à demander une contribution financière à ses lecteurs afin de financer son train de vie et ses paires de chaussures.